mercredi 31 mars 2010

Le bal des faux-culs

Les députés de la majorité se sentent pousser des ailes depuis la prise de parole collective organisée suite à la peignée qu'ils ont subie aux dernières régionales. Les séances de thérapie de groupe ont libéré la parole, le taux de testostérone s'est brusquement élevé chez l'individu mâle du côté droit de l'hémicycle et des poils drus ont subitement poussé sur le poitrail gonflé à bloc de certains députés décidés à faire la peau au bouclier fiscal. Quel revirement ! Quel courage ! Pourtant, ils avaient voté d'un seul geste et comme un seul homme, toutes les lois que leur proposait l'exécutif. Obéissance et solidarité étaient les deux mamelles de la politique législative qui régnait au palais Bourbon jusque- là. Mais dès que le capitaine tourne le dos, le vent de la révolte souffle dans les rangs et contrairement à ce qui est martelé dans les médias, cette levée de boucliers n'est pas motivée par une préoccupation d'égalité des citoyens vis-à-vis de la fiscalité, ou par un désir de plus de solidarité envers les pauvres, c'est juste l'expression d' une trouille innommable. De l'angoisse de perdre mandats et forts avantages aux prochaines législatives. Qu'on ne s' y trompe pas, certains députés de droite se disent qu'ils ont peut-être parié sur un mauvais canasson et qu'il est temps de tourner casaque. Ils ne sont nullement inquiets de la grave crise que subissent leurs concitoyens les plus faibles ainsi que les travailleurs de ce pays.

De retour et dégrisé du champagne et des flashes américains, le patron va leur remettre les pendules à l'heure et sonner la fin de la récré. Les moutons retrouveront alors leur enclos et les plus riches continueront à recevoir leur gros chèque du trésor public à la fin de l'année.


mardi 30 mars 2010

Le thon de la discorde.

Thalassa, le magazine de la mer est une des rares émissions de télé que j'apprécie. Le ton des reportages n'est ni donneur de leçons (Hulot, Arthus), ni voyeuriste et pédant (capital). L'équipe de George Pernoud nous dévoile un monde ni parfait, ni catastrophique. Une terre habitée par des êtres humains et c'est une part de cette vie qu'on partage au fil des images avec ses joies et ses drames, sa beauté et sa crasse.

Parfois , les sujets sont graves et polémiques et ils sont traités à la manière journalistique : enquêtes, recherche d'interlocuteurs importants, neutralité objective. Pernoud respecte le spectateur et lui ouvre la voie à une réflexion libre.

Lors du périple en mer rouge, un reportage sur la piraterie au large de la Somalie racontait dans un port des Seychelles, les mésaventures des thoniers français et espagnols qui refusaient de prendre la mer sans protection. Ils craignaient en effet des attaques de pirates qui s'aventuraient de plus en plus loin des côtes somaliennes pour aborder les bateaux. D'ailleurs, un thonier espagnol venait juste d'être relâché après le paiement d'une forte rançon. Les espagnols ont repris la mer après qu'une équipe de sécurité privée payée par les armateurs ne soit montée à bord. Par contre les thoniers français plus veinards, ont eu droit à un commando de la marine française avec tout le matériel dernier cri. Un peu comme si Auchan demandait des CRS pour remplacer ses vigiles.
Pour profiter en toute légalité de cette protection d'état, un thonier battant pavillon italien et armé par une entreprise franco-italienne a dû changer de pavillon et navigue désormais sous drapeau français.

Quelle belle leçon de libéralisme d'opportunité !

Désormais quand vous achèterez du thon, achetez français et ne rechignez pas sur les prix. Ayez un peu de patriotisme économique et dites-vous que si vous le payez un peu cher c'est pour le prix du sacrifice de nos braves soldats qui auront risqué leur vie.

lundi 29 mars 2010

TV S.A.V

Le service-après vente fonctionne à plein régime sur les radios et les télés du service public.

L'inusable Michel Drucker nous a concocté une fabuleuse et interminable émission de variétés , toute dédiée à la gloire de l'avion Rafale et de l'armée de l'air réunis. Ce fleuron de l'industrie de destruction massive que tous nous envient mais dont personne ne veut a été filmé sous toutes les soudures, en quadrichromie, en loopings avec en fond sonore la B.O de Top gun (d'un goût exquis) . Si après cela, les commandes n'affluent pas aux centres d'appel , c'est à ne rien piger.

S.A.V suite : ce dernier dimanche, l'entreprise de sauvetage continuait avec une brochettes d'ecclésiastiques, missionés par Rome pour redorer le blason de la boutique. En effet, l'entreprise est attaquée de toutes parts, juste parce que quelques brebis galeuses en habits de bure ont joué à touche-quéquétte avec des mômes. Ces braves curés sont venus expliquer qu'il ne fallait pas jeter l'opprobre sur toute la profession et que promis, les fautifs recevront une grosse fessée d'une bonne- soeur bien connue.

S.A.V encore : une prise d'otage particulièrement odieuse a lieu sur les antennes pour tenter de sauver le soldat camarade-président après la tôle électorale du week-end dernier. Des hordes de porte-parole, ministres et attachés, ont sauvagement envahi les studios pour répandre la bonne parole et confirmer que nulle autre alternative n'existe à droite pour deuxmilledouze, contrairement à ce que veulent faire croire les apparences. Même la maison blanche a cédé devant la pression et a finalement accepté de participer au présidenthon 2012.

Alors, chers clients si vous êtes mécontents de l'article que vous avez acheté en 2007 et pour lequel vous vous êtes endettés pour cinq ans, le service public vous offre la possibilité de vous le réparer chez vous et vous propose une prolongation de garantie de cinq années.



samedi 27 mars 2010

J'ai mal à l' Afrique

Les grandes démocraties occidentales s'accommodent facilement des présidences à vie dans les pays de l'ancien tiers-monde. Plus particulièrement dans les pays africains. Ces dictatures sont qualifiées de gage de stabilité et d'ordre, qualité primordiale pour une coopération fructueuse. Il nous paraît normal alors, que les présidents africains soient réélus indéfiniment, jusqu'à ce que mort s'en suive. Si, en plus et par malheur, ces pays sont en possession d'une quelconque ressource naturelle : pétrole, uranium, or , il arrive que les partenaires intéressés sponsorisent fortement les héritiers directs, créant de la sorte une monarchie favorable à un business durable.

Ce pragmatisme économique permet à ces grandes âmes pétries de grands principes démocratiques uniquement valables dans l'espace Schengen, de fouler aux pieds joyeusement les droits de ces hommes et de ces femmes. Les limites du pouvoir d'indignation ont reculé fortement depuis que le libéralisme mondial a réussi a corrompre l'écologie , dévoyé le micro-crédit et rendu le tourisme grande cause nationale chez les pauvres. Ces nouveaux concepts de charité rentable ont peu à peu supplanté l'aide au développement et à l'éducation en faveur des pays pauvres. Je ne veux même pas parler des néo-missionnaires qui ajoutent leur propre petite louche d'eau bénite.

Les opinions publiques occidentales sont de moins en moins promptes à dénoncer les exactions commises par les dictateurs locaux et ce au nom des intérêts économiques en Afrique et dans les pays Arabes, submergées qu'elles sont par un discours politique interne xénophobe et anxiogène. On ne parle plus désormais à des populations émancipées et libres, on s'adresse à un citoyen européen terrorisé. La peur devient un argument électoral principal.

La notion de démocratie est à géométrie variable. On peut dorénavant tolérer (dire du bien et traiter avec) des présidents à vie africains parce qu'on a décidé que le cadre général dans lequel s'effectue leur évolution intellectuelle suit la même progression que l'évolution de leurs économies et leur niveau de vie, que leurs populations ne sont pas "assez mûres" pour intégrer les principes d'alternance politique. La coopération continue à se faire dans un but strictement lucratif et ceux qui ne l'ont pas encore bien compris, on leur enverra des chars et des troupes pour bien leur expliquer.

L'Afrique à papa a encore de beaux jours devant elle.



Les deux points G

Cela fait un petit moment que Henri Guaino a disparu des médias nationaux. Il nous avait pourtant habitué à sa présence à travers les discours qu'il écrivait pour notre petit contremaître.

Mais où est donc passé Henri ? Serait-il entrain de nous mijoter une nouvelle réforme de l'éducation nationale ? Se penche t-il sur les nouveaux programmes d'histoire ? C'est vrai que la marotte de Henri, c'est l'histoire. Pas celle des historiens, non, celle du devoir de mémoire. L'histoire qui sent le bon vieux Banania.

Notre chef ne fait plus dans le discours grandiloquent, il ne donne plus dans le trémolo vibratoire, le flonflon ronflant. Depuis qu'il ne se rend plus sur les plateaux enneigés pour donner plus de gras à sa stature présidentielle, on n'entend plus parler d' Henri. Pourtant, la lettre de Guy Moquet, l'évocation de Jaurès, Blum et plus récemment Camus, c'est lui.

L'ouverture historique a vécu, l'ouverture politique aussi !

Une page importante dans le microcosme feutré de l'Élysée vient de se tourner à la suite de cette élection. Malgré les dénégations, la portée nationale du scrutin s 'est confirmée après cette semaine bien agitée où les cartes ont dû être redistribuées à droite, au centre et à gauche. Un mouvement de grande ampleur, dont on n'a pu voir que la partie émergée, a eu lieu sur l'échiquier politique national.

Le retour aux fondamentaux de la droite moi je suis pour. J'aime quand les choses sont claires et quand les clivages sont nets. Chacun doit garder son camp et le centre doit être déserté. La droite doit se prévaloir de son propre héritage historique et invoquer ses propres gloires du passé et recruter son personnel exclusivement au sein de son cheptel idéologiquement conforme (Quand elle peut) .

Note de l'auteur : ceux et celles qui s'attendaient à un billet à froufrous et dentelles en seront pour leurs frais : Ce texte est libellé "droite et politique" et sous-entend Guaino et Guéant.

vendredi 26 mars 2010

Produits dérivés

Déambulant nonchalamment dans les rayons de mon fournisseur officiel de malbouffe hautement tarifée, je rencontre ce beau prétexte pour faire un billet.
Les dernières bagarres entre les tribus parisiennes ont fait un mort et depuis, l'autorité a imposé quelques matches à huis-clos pour répondre aux accusations de laisser-faire par rapport à quelques groupes violents.
Un brave type, assis derrière des écrans de contrôle qui rendraient jaloux les ingénieurs de Cap Canaveral, expliquait aux reporters la difficulté d'identifier et d'appréhender les fauteurs de trouble.
Il devrait expliquer ça à Xavier Bertrand et à son maître, qui n'ont de cesse d'ériger la vidéo-surveillance en panacée universelle contre l'insécurité. (Il faut dire que même J.J Treiber, qui pendant sa cavale, se pavanait devant les caméras n' y était pas arrivé). Difficile à croire en voyant toute cette technologie de pointe et sachant que les clubs de supporters tiennent des registres précis de leurs adhérents . Il faudra mettre cela sur le compte des gesticulations de campagne habituels, tout est désormais rentré dans l'ordre, la baston peut continuer.

Rama, elle pense au contraire que " le sport est une des activités les plus exemplaires en matière de mixité et de diversité". L'intégration par le sport, voila une piste de recherche qu'elle est bonne et nouvelle.
Souvenons-nous de l'équipe black-blanc-beur qui a gagné la coupe du monde. Cela aurait dû être un nouveau départ en matière d'anti-racisme et de tolérance en France et vous allez voir ce que vous allez voir... quatre ans plus tard, Le pen est au second tour des présidentielles.
En somme le principe selon lequel si tu es black ou beur, tu auras plus de chances de réussir dans la vie en devenant sportif ... ou rappeur, est un raisonnement purement Zemmourien.

En attendant, j'espère que le PSG aura eu aussi la bonne idée de fournir des déodorants à ses supporters car lever le bras en signe de joie est une pratique très courante dans certains gradins du parc.



jeudi 25 mars 2010

Faites-nous rêver

Lorsque la confidentielle élite possédante fabrique trop de pauvres avec l'aide d'un pouvoir politique de droite prompt à l'obéissance et à la servilité, certaines digues rompent et commencent à gravement menacer ses intérêts. Elle prie donc l'exécutif de trouver des artifices pour la diversion et puis quand ces derniers échouent, vient l'alternance. La conséquence la plus attendue est un renversement politique à gauche. La gouvernance est donnée provisoirement à ces enfants terribles, pourtant issus des mêmes grandes écoles que les autres, mais qui ont toujours refusé de se coiffer la raie sur le côté. Des vrais rebelles en somme. L'alternance se fait alors sur le mode tampon et la priorité consiste à tenter d'éteindre les incendies les plus importants. Ce rôle permanent de pompier épuise la gauche et lui confisque le temps et les moyens de traiter les problèmes de fond. Comprendre le fonctionnement de cette machine à fabriquer du pauvre et enrayer ses rouages. Le désenchantement survient et devant l'ampleur des dégâts et l'énormité de la tâche, certains baissent les bras et se font la raie sur le côté. L'incendie n'est qu'à moitié circonscrit et le populo déçu, va noyer son chagrin en allant se pinter au bistro de Jojo le borgne.

La gauche alliée devra rester ferme sur les principes et trouver le courage politique de nettoyer cette crasse libérale qui s'est accumulée depuis quinze ans, remettre les compteurs à zéro avec ces lois scélérates et inutiles et rendre aux citoyens leur dignité et un avenir.
Alors dans deux ans il ne sera pas trop tard pour bien faire.

Thierry Jonquet a brillamment raconté une partie de sa vie de jeune militant dans ce livre que je recommande chaleureusement pour sa justesse de vue, sa poésie et son message.


mercredi 24 mars 2010

Retour aux normales saisonnières

Comme il doit être dur de se rendre à l'évidence, de se réveiller le lendemain de défaite et de revenir à la triste réalité des choses. Ces choses qui vous remettent dans votre vraie dimension. Une petite dimension. Triste retour à une petite politique d'arrangements entre ennemis. Il faudra désormais laisser les envolées internationales aux relents de sauvetage du monde et de ses environs aux vestiaires et s'affubler du costume étriqué du chef d'un état en perte de vitesse et de crédibilité. Sordide agitation.
Retour aux fondamentaux qu'ils ont promis : on entre dans la campagne électorale pour les présidentielles la plus longue de l'histoire. Putain, deux ans ! Le spectacle promet d'être croustillant. L'entre deux tours a duré six jours, six petits jours dans lesquels on a annoncé "par erreur" la mort d'un policier et l'arrestation " par erreur" de braves pompiers catalans, juste parce qu'ils causaient un charabia proche du basque. Alors, imagine deux ans !!!!
Pendant ce temps, les vrais leaders (ceux qui énervent tant) surmontent des Everests d'adversité pour oeuvrer tant bien que mal en faveur de leurs citoyens et défient les tyranneaux pékinois en accueillant leurs opposants. Reçoivent des prix Nobel et tentent de faire baisser les tensions en Orient même si rien n'est gagné.
Putain, deux ans ! Deux ans à voir les uns manger leur chapeau jusqu'à l'indigestion, à entendre les autres vociférer et le reste pisser dans des violons ou bien crever la gueule ouverte. Que de temps gâché.




mercredi 17 mars 2010

Point de vue, images du Monde

Les grandes destinées doivent toujours s'accompagner de tout un cortège de fanfreluches et autres falbalas médiatiques pour résister à l'usure du temps et toucher l'immortalité. La légende grossit comme une rivière en crue et dévale furieusement la pente du poids des mots. Le choc des photos construit patiemment le socle sur lequel seront érigées les statues des héros de demain. L'importance du personnage se mesurera au nombre des unes de couvertures : figures parfaites en papier glacé, accessoire essentiel de salle d'attente.
Les grands noms, les grandes familles ont toujours fait saliver la frange des nostalgiques de la royauté. Les grandes républiques, accueillent elles aussi, ces lignées magnifiques qui font rêver. La famille Kennedy a été le grand précurseur en la matière : La destinée Kennedy. Le clan Kennedy. Y a t-il une malédiction Kennedy ? Le dernier des Kennedy. Il y a des titres comme ça qu'on garde dans la mémoire, gravés à tout jamais dans notre conscient collectif d'éponges médiatiques : JohnJohn en culotte courte saluant le cercueil de son père : Poignant ! Jackie, la salope la plus détestée des sixties : délaissant le beau JFK pour aller bronzer sur les luxueux ponts grecs avec un vieillard maniaque et lubrique. Toujours les mêmes histoires de milliardaires et de yachts blancs au milieu de la méditerranée.
Les légendes se tissent patiemment au fil des pages. Les dynasties familiales font recette dans les gazettes spécialisées, surtout les bonnes vieilles noblesses européennes déchues par les méchants rouges.
Un famille recomposée photogénique à souhait, une descendance méritante. Un petit "bonne chance mon papa" et que je te fabrique une légende ! Petits secrets, rumeurs distillées ça et là. Robe du soir et smoking de belle facture : son excellence sait recevoir !
Une reine mère autoritaire, gardienne des traditions, qui protège jalousement sa brillante descendance. Un père admiratif, élevé au rang d'artiste, tellement fier qu'il en accroche la légion d'honneur à l'oreille de son fils. Du grand art ! Tous les ingrédients sont là, la distribution est parfaite.
Franchement, au lieu de livrer nos belles régions aux hordes de gauchistes loqueteux, nous devrions tous être reconnaissants de vivre sous la protection de nos chers maîtres. Mais comme vous le savez, le peuple est d'une ingratitude.





mardi 16 mars 2010

Bonne soirée mademoiselle


Jimmy n’avait envie d’en parler à personne. Il était submergé par sa décision et ne pouvait même pas la partager. Pourtant Jimmy n’était pas socialement isolé : cadre, il jouissait d’une réputation de professionnel auprès de ses collègues. Il sortait souvent et toujours bien entouré. Il y avait les nombreux amis et puis, il y avait Victor...

Jimmy savait que la boîte l’enverrait lui, pour négocier, en Asie du sud-est, la construction de la nouvelle usine de composants et il profiterait ainsi de quelques jours supplémentaires de liberté pour réaliser ce dont il avait toujours rêvé. Tout était programmé d’avance.

Tout était programmé d’avance depuis longtemps et son corps avait lentement commencé le processus, depuis l’adolescence – comme si un corps pouvait avoir une conscience – accompagnant la métamorphose que subissait son être. Jimmy était sûr que le changement graduel de son apparence n’arriverait pas à son terme naturellement, que le temps « officiel » n’ y suffirait pas. Il avait conscience que même pour un trentenaire au top de sa forme, la fenêtre-temporelle serait trop brève pour le laisser réaliser pleinement ses rêves et ses désirs. Il y avait urgence.

Jimmy le ferait sans prévenir Victor, c’est décidé. Il souriait intérieurement en s’imaginant la tête qu’il fera ce soir. Il riait de la confusion qu’il allait créer. S’amusait des premiers moments de stupeur. La surprise de son entourage. Certes, l’assurance de l’affection que lui portaient ses proches le rendait confiant et pour les autres, il verra, ce sera un test. Une nouvelle vie peut-être, un nouveau départ certainement. Victor lui avait avoué un jour son attirance pour l’autre bord : parfois il aimait aussi les filles. L’alchimie est complexe et le geste risqué. Mais tant pis, Jimmy était gagné par cette évidence et elle dépassait toute autre considération, il prendrait le risque. C’est chose faite.

Il sourit en sortant du taxi qui l’amenait de l’aéroport. Il le déposa à quelques mètres seulement de l’immeuble où habite Victor. Il sourit car le chauffeur l’avait aidé à sortir sa valise en lui souhaitant : «Bonne soirée mademoiselle».


Ce texte fait suite à un jeu littéraire lancé par Madame Kévin pour le blog à mille mains. Photo de R. Lubanski.



Le discount m'a tuer

Avant, il y avait Ed l'épicier et un peu Leader price. Les pauvres en francs pouvaient toujours espérer acheter des produits de marque et des fruits et légumes sur les marchés pour se nourrir. Aujourd'hui, les pauvres en euro ont les magasins discount. Le discount envahit tous les secteurs de l'économie : immobilier (proprio pour 100 mille euros) , voiture (Dacia), transports aériens (ryanair) , vêtements, électroménager et nourriture. Il y a même des salles de sport discount maintenant. Partout le discount : salaires discount, éducation discount, culture, santé discount, politique discount ? Et-ce à dire que nous nous appauvrissons en masse ? Mais, moi je croyais que notre pays était parmi les dix puissances mondiales, qu'il appartenait au cercle restreint et privilégié des pays développés. Que notre pays par son histoire et sa richesse permettait aux citoyens d'aller toujours de l'avant,vers l'éducation, vers le progrès et le confort. Qu'il constituait un exemple à suivre et un support solide qui aiderait les autres pays à avancer et à s'émanciper.
Non, maintenant c'est tout discount. Le concept pullule car le marché existe. Le marché de la pauvreté est en plein essor. La spéculation sur la misère atteint des sommets, c'est la folie en bourse, les bonus explosent !
Les gens vont de plus en plus vers le discount, au détriment de leur santé et celle de leurs enfants car ils ne peuvent plus se nourrir de fruits et légumes et de produits frais. La nourriture est un poste de dépense important dans les budgets, c'est pour cela qu'il est offert aux ménages l'opportunité de tailler dedans pour d'autres dépenses plus futiles. C'est la plongée dans l'abîme. La dernière étape avant les restos du coeur et le secours populaire.


lundi 15 mars 2010

A voté !

Jour de vote, hier Dimanche à Nyons. Beau temps, brise légère malgré un mistral à décorner les boeufs dans la vallée Rhônalpine. Ouais, ma petite ville est protégée du vent qui rend fada car elle y tourne le dos et regarde au sud. Je te rassure tout de suite, nous avons aussi notre petit lot de pleupleus qui ont pris le vent de plein fouet à la naissance, eux aussi.

53% d'abstention.
PS et UMP a égalité 25,50% - EE 19,2 - FN 14,3 - FdG 10,6 et les autres se partagent les miettes.

J'ai fait mon petit tour des commentaires et analyses :


1 - L'UMP fait la gueule ( bien fait)
2 - La gauche rigole (bien aussi)
3 - Le Fn remonte (merci qui?)
4 - MoDeM Ko debout (bon débarras)
5 - Grosse Abstention (danger !)

Dans tout ça, c'est l'abstention qui me chiffonne le plus. Partant du principe que la gauche a mobilisé un maximum pour cause de bilan désastreux de la droite au niveau national, qu'est-ce qu'il reste ? Le PS a tort de se réjouir que l'abstention soit au déficit de la droite. Faut-il craindre que les abstentionnistes soient en majorité de droite ? Je crains que oui. C'est la réserve sur laquelle le pouvoir va mettre le paquet pour 2012. Ils ont le temps et les moyens et ils finiront bien par trouver leur angle d'attaque. Ils n'hésiteront pas à puiser l'aide de quelques bonnes volontés transfuges dans le camp d'en face et à redistribuer les cartes à l'intérieur du leur. Je parle bien de 2012 car l'enjeu est là. Les régions ne seront bientôt qu'un souvenir quand les conseils territoriaux les auront phagocytées. Faudra garder la tête froide et établir une vraie offensive pour 2012.

Mais ça c'est une autre histoire ...




samedi 13 mars 2010

Ceci est un hold-up !

Nothing gulch est ce village de l'ouest Américain qui était traversé par une grande avenue bordée de baraques en bois cachées derrière une grande façade opulente. Ces vitrines de prestige qui le faisaient ressembler à une bourgade prospère, n'étaient en réalité qu'un leurre.
Les résultats éclatants du CAC 40 rapportés aux derniers bilans économiques et sociaux désastreux, font justement penser à ces villages du western. Les rutilantes Sanofi et Total, pavoisent dans les Unes économiques des gazettes, pendant que les personnels manifestent pour qu'on cesse de réduire leurs moyens. Hôpitaux et raffineries même combat : Les vases communiquent à tout va, rien ne se perd.
Toujours en avance sur son temps, l'exécutif n'a pas attendu les agences de notations pour commencer la cure. Mais il ne faut pas le dire car notre vitrine est bien plus grande et bien plus prestigieuse que celle des grecs (selon Forbes) . D'ailleurs la parution de ce magazine en ce moment c'est comme si une strip-teaseuse faisait du close-up à un eunuque.

Pendant l'ouverture, le hold-up continue !


vendredi 12 mars 2010

Burned out !

Hey, moi aussi je peux inventer des mots : agitarisme. C'est un mélange d'agitation et de volontarisme.
C'est ce qui , selon moi, caractérise le profil psychologique de notre serial réformateur. Seulement voilà, c'est une posture difficilement tenable dans la longueur et 2 ans trois quart, c'est déjà un record . On commençait à s'en douter un peu quand même depuis quelques jours, il y a des signes qui ne trompent pas : y a surchauffe du côté de la rue du faubourg saint Honoré! C'est le burn-out !
Pour cause de rupture d'anévrismes électoraux, il faudra faire un retour vers le futur. Remettre le pays en sommeil pré-électoral et travailler en arrière-salle. Alléchés par l'odeur et la baisse de la TVA en faveur des gargotiers trois étoiles, le peuple de droite reviendra manger la bonne soupe. Le chef va mitonner de nouvelles recettes, réorganiser la carte. Il va changer le menu, racheter une nouvelle porcelaine, du beau mobilier design ! A partir de la mi-2011, le chef va se réinventer, nous surprendre. Se former à une nouvelle cuisine : une dissolution ? un remaniement ? un infléchissement ? un remariage ? un nouveau tailleur ? une nouvelle coiffure ?

Suspense !




mercredi 10 mars 2010

Madame Irma et la créature de Frankenstein

La Halde a débouté le maire des Saintes Marie de la Mer et a déclaré discriminatoire, son arrêté contre les diseuses de bonne aventure . Ces braves auto-entrepreneuses pourront continuer à prédire l'avenir des touristes nonchalants contre la volonté du récalcitrant. Les diseurs de bonne aventure de tous bords ont-ils trouvé là un refuge dans leur exil prochain ? Je pense à l'extra-lucide en chef qui prédisait la baisse du chômage en 2010. Pourraient l'accompagner également, tous les gourous qui squattent le ministère des finances et qui annoncent depuis quelques semestres déjà, une embellie dans le ciel budgétaire et une croissance notable de l'économie nationale.
Les madames Irma qui sondent la population à toute berzingue à l'occasion des prochaines élections, font des prédictions affolantes pour la droite et lui annoncent de fortes déconvenues . En lisant la presse on note, çà et là, quelques inflexions et reculades qui témoignent de la panique qui règne à l'UMP . Par exemple : la petite marocaine sans papiers renvoyée chez elle pour s'être plaint de son frère qui la castagnait, est désormais autorisée par le chef en personne à rentrer en France au grand dam d'un Eric Besson piqué dans sa petite fierté de zélateur et d'une Morano qui s'emberlificote dans une argumentation désordonnée.

Le bon docteur Frankenstein aurait-il pris peur de la créature qu'il a engendrée ?

On peut citer d'autres petits détails comme ceux-là : la dénonciation par le ministère de l'intérieur du nombre de gardes à vue ? De Châtel, qui rectifie maladroitement la politique de suppression de profs ? De l'écologisme de circonstances piétiné par le pragmatisme électoraliste ?

La déculottée sera féroce selon ce qui se raconte dans les rues des Saintes-Maries et d'ailleurs.





mardi 9 mars 2010

Toujours plus haut

C'est un article rapporté par Le Monde sur les victimes des grandes manifestations sportives qui a attiré mon attention dans le flot médiatique d'aujourd'hui. J'ai toujours été rebuté par les grands rassemblements et les mouvements de foule, c'est pour cela que je ne m'explique pas comment on devient supporter de foot ou de tout autre sport. Quand on me dit : stade, je vois des arènes élevées à la gloire d'un petit empereur crochu, qui aime voir son peuple se délecter de l'agonie de ses ennemis : gladiateurs, chrétiens, esclaves, déportés, condamnés à mort ... ces tristes lieux de rassemblement, quand ils ne sont pas justifiés par le sport, ils sont prétexte aux pires tyrannies. Quand on me dit stade, je vois aussi ce poing levé en 1968, dénonciateur et fier, brandi par des athlètes noirs qui fustigent la politique de racisme de leurs pays. Un pays qui met à son crédit les médailles d'or et les exploits sportifs rapportés par des personnes auxquelles il ne reconnaît aucun droit.
Aujourd'hui, les choses n'ont que peu changé. Une équipe nationale qui gagne, c'est la gloire du chef. Le sport international doit toujours allégeance à la politique et aux grands intérêts industriels. Les pays organisateurs gagnent leur billet d'entrée dans le club des grandes nations à coup de chantiers pharaoniques, menés tambour battant, à coups de milliards et au grand mépris de leurs citoyens qui continuent à vivre la misère dans leurs bidonvilles.
Espérons que la manne déversée par la grâce du foot, permettra au moins la réhabilitation des bidonvilles de Soweto.


lundi 8 mars 2010

Le tonton flingueur

Xavier Bertrand est une personnalité qui monte. Lors des interviews qu'il donne, on sent le type bien rôdé, qui connaît bien les éléments de langage et les phrases clé en mains que lui fournissent les - ô combien couteuses - officines de conseil en communication de son parti. Cet ex-assureur qui se donne des airs de faux-gentil bien rond, sait manier l'artillerie lourde pour dézinguer ses adversaires et use d'arguments qui forcent le respect : " le bilan de la gauche est nul ". Formule péremptoire et définitive s'il en est, qui émane d'un grand esprit et qui repose exclusivement sur le socle inconsistant de la fiscalité dans les régions. Aucune autre analyse ne saurait venir à la suite pour étayer cette déclaration car, pour Xavier, l'électeur ne peut entendre que l'invective et ne peut voir que les mots écrits en lettres lumineuses géantes. Alors, Foin d'analyse !
Certes en matière de fiscalité, lui et ses amis se montrent irréprochables. Les chiffres sont là pour en attester ! Il ne se passe pas un jour sans qu'une brillante réussite de ce gouvernement ne soit glorieusement rendue publique. Un modèle de gestion, un exemple à suivre !
Il faudra qu'un jour Xavier puisse juste répondre aux questions qu'on lui pose , les français lui sauront gré d'être pris pour autre chose que des imbéciles.


dimanche 7 mars 2010

Quelle étrange lucarne


Comme je disposais d'un temps de cerveau disponible hier, j'ai dégainé ma zapette et fait un tour dans le marigot télévisuel français.
On commence par la visite de notre Thénardier chez les agriculteurs qui exposaient dans la capitale : comme prévu, il amena dans sa besace la rançon prévue. Après avoir tressé la corde des subventions, ils ont accepté le tabouret des prêts bonifiés. Premiers en pesticides, derniers en bio et champions des marées vertes, il leur a assuré néanmoins qu'il se torchait avec les règles environnementales du Grenelle et que "ça commence à bien faire". Le truc avec ces chaînes tout-info c'est le flot qui vous arrive de toutes parts : bandeaux qui défilent en haut de l'écran, en bas, en plus de l'animatrice qui essaye de faire des phrases avec la bouche. En fin de compte, tu ne retiens que les messages pub qui passent, sans interférence, toutes le six minutes.
Plus tard, j'ai vu Eric Zemmour qui nous faisait du Finkelkraut chez Ardisson. Il prétendait que les noirs et les arabes sont majoritairement des délinquants et c'était pour ça qu'ils sont contrôlés tout le temps par la police, qu'ils vivaient en communauté et chassaient les petits vieux blancs qui n'ont pas les moyens de vivre à Neuilly.

"Zemmour

Nom originaire d'Afrique du Nord, . Il vient du berbère et signifie olivier (azemmur). Variantes : Zemour, Zemor. Avec suffixe d'appartenance : Zemouri, Zemmouri. Avec préfixe filiatif arabe : Benzemour, Benzemmour."


A force de sombrer dans la vulgarité, Eric finira à la ferme célébrités à nettoyer l'enclos des hyènes avec Franckie Vincent.

Enfin, on assiste au sacre attendu et largement sponsorisé du conceptuel Benjamin Biolay aux victoires de la musique. Une musique violonneuse glauque, servie par une voix qui dit des mots puissamment arrachés au dictionnaire des synonymes. L'éternelle Olivia à la voix de crécelle, un coeur de pirate nasillard, du Johnny en veux-tu, de l'Aznavour en voilà. Pendant que Stevie Wonder chantait, le réalisateur se sentait obligé de montrer les spectateurs blacks présents dans la salle... lamentable.

C'était une petite chronique French touch en direct. A vous les studios...

vendredi 5 mars 2010

Tête de Turc

Des députés allemands suggèrent aux Grecs de fourguer quelques îles pour se refaire auprès des banques.
Sans aller jusqu'à cette extrémité humiliante, ils devraient annuler leurs contrats d'armement avec la France, histoire d'économiser quelques milliards et éviter ainsi l'implosion sociale.
Mais s'ériger en rempart contre les barbares d'Asie mineure, cela implique des sacrifices.










jeudi 4 mars 2010

Barroso a la patate

Les industriels poursuivent une logique de marché et de rentabilité et occupent l’espace laissé vacant par les institutions publiques. La société ne doit pas leur laisser le champ libre et décider seuls de la généralisation et la banalisation de certaines technologies intrusives comme les nanotechnologies, les OGM, les ondes, etc.

Les gouvernements en prennent conscience car leurs opinions publiques ne cessent de le leur rappeler. Plusieurs associations, menées par des scientifiques, mettent en garde et dénoncent le manque de concertation et de recul sur certaines de ces technologies. Ils militent pour l’application des principes de précaution et revendiquent à juste titre le débat sur la place publique et c’est là tout le problème.

En réponse, les industries viennent à la rescousse des autorités en leur fournissant clés en mains des collèges d’experts, des groupements scientifiques et autres autorités de contrôle. Ces instances qui offrent l’avantage indéniable de la caution scientifique et de la parole d’experts, sont mis gentiment à la disposition des états en tant qu’alibi. Par conséquent, les rapports favorables prouvant l'inocuité de tel ou tel produit parviennent plus aisément à trouver leur chemin vers les médias. Les interventions médiatiques de sommités, qui, fortes d’arguments, discréditent toutes les voix dissonantes. Ces dernières sont traitées de vecteurs de la peur et du repli sur soi , elles sont même accusées de théorie du complot.

Seulement voilà, il se trouve que ces cautions scientifiques sont elles-mêmes sujet à caution car la porosité entre la recherche scientifique et l’industrie fait en sorte que les premiers ont été, ou seront forcément un jour, les salariés des seconds. Les exemples de débauchage ne manquent pas . La nature a horreur du vide et le désengagement de l’état est une opportunité appétissante pour les grands groupes.

A l’instar de certains bloggueurs, je suis sensible au sujet des OGM et je pense que les institutions européenes ont été démocratiquement élues uniquement pour servir l’intérêt des citoyens. Je dénonce la main mise des lobbies industriels qui bafouent les libertés des peuples en les privant de débats loyaux et approfondis sur des domaines qui touchent à leur santé.

mardi 2 mars 2010

Au rapport !

L'édition en ligne du nouvel Obs propose un retour intéressant sur les 316 propositions du rapport Attali pour une reprise de la croissance en France. Le journaliste publie un constat en trois volets : ce qui a été appliqué, ce qui est en route et ce qui n'a pas été appliqué. Dans la première catégorie, on note des décisions d'inspiration libérale facilement et rapidement mises en place en vertu de leur adéquation avec l'idéologie dominante : travail dominical, facilitation des ruptures de contrats de travail, autorisation d'agrandir les surfaces de vente pour les hypers et création du statut d'auto-entrepreneur (voir la 2ème minute du reportage pour mieux comprendre la portée considérable de cette avancée sociale).
Parmi les mesures en cours d'application, il y en a une qui a attiré mon attention et qui, je pense, mérite qu'on s'y attarde un peu : "Accueillir plus de travailleurs étrangers et simplifier la délivrance d’autorisations de titres de travail". Paradoxal, non ? Pour une majorité au pouvoir qui depuis des mois assène les amalgames les plus orduriers sur l'immigration-chômage-insécurité pour s 'attirer des sympathies électorales extrêmes.
Pour ce qui est du volet du non-appliqué, c'est un vrai festival, une vraie fête à faux-derche. Parmi lesquels, l'institution de class-actions (regroupement de plaignants en une seule procédure plus efficace) . Des procédures dispersées n'aboutissent presque jamais sur des sanctions lourdes en cas de manquements graves de la part des entreprises en France (dé-pé-na-li-sa-tion du droit des affaires on vous dit !). Il y a aussi du franchement révoltant et de l'incompréhensible. Je vous le livre tel quel :
"Se donner les moyens que tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le français, la lecture, l'écriture, le calcul, l'anglais, le travail de groupe et l'informatique.
Le gouvernement a prévu de supprimer 40.000 postes d'enseignants entre 2008 et 2010."

A quoi ça sert alors que le Jacques y se décarcasse !!

Source image.


lundi 1 mars 2010

Pas assez cher mon fils.

Ça y est ... je suis éligible ! Je ne dis pas cela pour les élections régionales qui approchent et pour lesquelles ( je vais me faire plein d'amis en disant cela) on élira des notables locaux qui se remettront, pour la plupart d'entre-eux, à exercer leur passe-temps favori : le clientèlisme. Oui je sais, ça vous fait bondir, mais il faut juste accepter l'idée que c'est là une condition parfois incontournable pour pouvoir exercer des fonctions qui nécessitent le compromis. C'est la nature, devenir un élu, c'est apprendre l'art de négocier. Ça n'empêche pas évidemment de faire aussi du bon travail par ailleurs. (la minute contradictoire étant passée, j'attaque le sujet)

Je disais donc que je suis éligible désormais au CAE et à .... tenez-vous bien : 90%. En effet, je rappelle particulièrement aux futurs-ex salariés parmi vous, qu'il existe un dispositif qui s'appelle Contrat Accompagnement à l' Emploi qui permet à l'employeur de bénéficier d 'une aide de l'état sur le smic versé. Une fois atteint 45 ans, votre salaire est pris en charge à 90%, si vous entrez dans le dispositif. Moi, je suis éligible à 90% ... Youpiiiii !
Dans ma recherche d'emploi, devrais-je utiliser cela comme argument principal ?
Devrais-je mettre cela avant ou après mon bac+3 sur mon CV?

A part tirer vers le bas les salaires et considérer que votre travail ne vaut réellement que 10% de sa valeur, par conséquent, que vous ne valez plus qu'un dixième de smic pour votre bienheureux employeur, ces dispositifs finiront par offrir gratis l'effort de certains salariés juste pour maquiller et rendre présentables les chiffres de l'emploi... euh....du chômage en France.

Déjà, rien que pour s'implanter, l'entreprise demande des efforts considérables aux collectivités en terme d'aides, subventions, terrains, classement en ZA, en ZAC et cela sous le prétexte de "créations d'emplois dans le bassin". M'enfin... l'entreprise ne vient pas s'installer juste pour "créer l'emploi" comme elle le prétend. L'entreprise n'est pas philanthrope. C'est un peu aussi pour gagner des sous et des parts de marché avec son activité, la preuve, quand ça ne marche plus, l'entreprise s'en va.... et souvent avec les sous. Mais l'élu est sensible à la question de l'emploi et ça lui permet de présenter un bilan positif dans son petit journal local tout en couleurs où son image apparaîtra 30 fois en seulement 6 pages.

A bien réfléchir , est-ce une solution durable ? Ne faudrait-il pas que les élus se remettent du bon côté du bâton et redeviennent les vrais décideurs ?