dimanche 18 juillet 2010

Nicolas Bongo 1er.

Je ne regarde jamais les défilés militaires. Exposer en rang d'oignons des engins de mort et mettre dedans des morceaux de chair (à canon) humaine déguisés, c'est vraiment pas mon truc. Moi je préfère les défilés gais, style pride ou bien fanfare, jazz band et batucadas. J'aime aussi les défilés portant haut les drapeaux rouges de la colère du peuple.

Ces défilés me filent une gerbe incontrôlable. Des robots claquant des rangers sur une musique (?) militaire, l'air inutilement belliqueux et faussement fier, qui paradent devant des chefs satisfaits de leur personnes et tellement convaincus que les guignols enrubannés et effanfreluchés de frais qui passent devant eux sauront les protéger eux, leur descendance ainsi que leurs amis .

Cette année, c'est le pompon (si j'ose dire) . Pour cause de cinquantième anniversaire des indépendances africaines, notre griot de Neuilly s'est entouré d'une belle brassée de chefaillons africains reconnus par leur attachement aux valeurs de la démocratie et par leur farouche détermination à oeuvrer conformément aux intérêts de leurs peuples.

Bon, il faut dire que là, la photo était parfaite. Qu'importe la couleur de peau, la différence culturelle, la couleur du boubou. On le sentait dans son élément nico. On le sentait à l'aise. On sentait une harmonie incroyable dans cet ensemble : des gens pourtant différents mais tellement ressemblants, complétement inféodés à l'argent, incapables de déployer leur énergie dans autre chose que la recherche de leur pérennité au pouvoir, leur confort et celui de leur proches.

Des chefs d'état africains soupçonnés de graves détournements, venus montrer leur reconnaissance à la force coloniale historique pour les avoir aidés à se maintenir au pouvoir et accessoirement faire l'emplette de quelques beaux appartements dans les quartiers chics parisiens. Peut-être même une petite enveloppe comme aux temps de papa Bongo, qui sait ?

Juste pour dire que pendant ce temps-là, les travailleurs africains, quand ils ne sont pas expulsés par le Drômois honteux, sont lâchement et honteusement exploités dans les chantiers, payés au black, sans droits ni recours, à la merci du moindre petit délateur tapi dans les administrations, et dont les enfants souffrent de saturnisme car entassés dans des logements insalubres, infestés par l'humidité et les cafards.

Voilà quelques raisons pour lesquelles je n'aime pas les défilés militaires, ni les présidents qui les regardent.

6 commentaires:

  1. Halte aux cadences infernales !!!
    Il est déjà revenu de vacances.
    Prévenez l'inspection du travail ! Et fissa...

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  2. Revenu mais toujours en vacances !
    Inspection du travail ??? Ce truc existe encore chez nous ?

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  3. Comment, tu ne vas pas regarder les défilés, et engueuler tous ceux qui ne se découvrent pas devant le drapeau? Leur filer une baffe dans la casquette, même? Ah, là là! Quelle jeunesse!

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  4. Ah ben les plantes n'ont pas dû souffrir beaucoup, t'as pas traîné!

    A la fin du défilé, j'ai relevé une belle incongruité: pendant que Guignol 1er serrait la louche des potentats africains, la Garde Républicaine jouait...de la musique royale (genre Lully)! Fallait oser! Guignol l'a fait.

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  5. Les militaires auraient-ils appris à déchiffrer une partition musicale ?

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