
Les députés de la majorité se sentent pousser des ailes depuis la prise de parole collective organisée suite à la peignée qu'ils ont subie aux dernières régionales. Les séances de thérapie de groupe ont libéré la parole, le taux de testostérone s'est brusquement élevé chez l'individu mâle du côté droit de l'hémicycle et des poils drus ont subitement poussé sur le poitrail gonflé à bloc de certains députés décidés à faire la peau au bouclier fiscal. Quel revirement ! Quel courage ! Pourtant, ils avaient voté d'un seul geste et comme un seul homme, toutes les lois que leur proposait l'exécutif. Obéissance et solidarité étaient les deux mamelles de la politique législative qui régnait au palais Bourbon jusque- là. Mais dès que le capitaine tourne le dos, le vent de la révolte souffle dans les rangs et contrairement à ce qui est martelé dans les médias, cette levée de boucliers n'est pas motivée par une préoccupation d'égalité des citoyens vis-à-vis de la fiscalité, ou par un désir de plus de solidarité envers les pauvres, c'est juste l'expression d' une trouille innommable. De l'angoisse de perdre mandats et forts avantages aux prochaines législatives. Qu'on ne s' y trompe pas, certains députés de droite se disent qu'ils ont peut-être parié sur un mauvais canasson et qu'il est temps de tourner casaque. Ils ne sont nullement inquiets de la grave crise que subissent leurs concitoyens les plus faibles ainsi que les travailleurs de ce pays.
De retour et dégrisé du champagne et des flashes américains, le patron va leur remettre les pendules à l'heure et sonner la fin de la récré. Les moutons retrouveront alors leur enclos et les plus riches continueront à recevoir leur gros chèque du trésor public à la fin de l'année.





