mardi 9 mars 2010

Toujours plus haut

C'est un article rapporté par Le Monde sur les victimes des grandes manifestations sportives qui a attiré mon attention dans le flot médiatique d'aujourd'hui. J'ai toujours été rebuté par les grands rassemblements et les mouvements de foule, c'est pour cela que je ne m'explique pas comment on devient supporter de foot ou de tout autre sport. Quand on me dit : stade, je vois des arènes élevées à la gloire d'un petit empereur crochu, qui aime voir son peuple se délecter de l'agonie de ses ennemis : gladiateurs, chrétiens, esclaves, déportés, condamnés à mort ... ces tristes lieux de rassemblement, quand ils ne sont pas justifiés par le sport, ils sont prétexte aux pires tyrannies. Quand on me dit stade, je vois aussi ce poing levé en 1968, dénonciateur et fier, brandi par des athlètes noirs qui fustigent la politique de racisme de leurs pays. Un pays qui met à son crédit les médailles d'or et les exploits sportifs rapportés par des personnes auxquelles il ne reconnaît aucun droit.
Aujourd'hui, les choses n'ont que peu changé. Une équipe nationale qui gagne, c'est la gloire du chef. Le sport international doit toujours allégeance à la politique et aux grands intérêts industriels. Les pays organisateurs gagnent leur billet d'entrée dans le club des grandes nations à coup de chantiers pharaoniques, menés tambour battant, à coups de milliards et au grand mépris de leurs citoyens qui continuent à vivre la misère dans leurs bidonvilles.
Espérons que la manne déversée par la grâce du foot, permettra au moins la réhabilitation des bidonvilles de Soweto.


lundi 8 mars 2010

Le tonton flingueur

Xavier Bertrand est une personnalité qui monte. Lors des interviews qu'il donne, on sent le type bien rôdé, qui connaît bien les éléments de langage et les phrases clé en mains que lui fournissent les - ô combien couteuses - officines de conseil en communication de son parti. Cet ex-assureur qui se donne des airs de faux-gentil bien rond, sait manier l'artillerie lourde pour dézinguer ses adversaires et use d'arguments qui forcent le respect : " le bilan de la gauche est nul ". Formule péremptoire et définitive s'il en est, qui émane d'un grand esprit et qui repose exclusivement sur le socle inconsistant de la fiscalité dans les régions. Aucune autre analyse ne saurait venir à la suite pour étayer cette déclaration car, pour Xavier, l'électeur ne peut entendre que l'invective et ne peut voir que les mots écrits en lettres lumineuses géantes. Alors, Foin d'analyse !
Certes en matière de fiscalité, lui et ses amis se montrent irréprochables. Les chiffres sont là pour en attester ! Il ne se passe pas un jour sans qu'une brillante réussite de ce gouvernement ne soit glorieusement rendue publique. Un modèle de gestion, un exemple à suivre !
Il faudra qu'un jour Xavier puisse juste répondre aux questions qu'on lui pose , les français lui sauront gré d'être pris pour autre chose que des imbéciles.


dimanche 7 mars 2010

Quelle étrange lucarne


Comme je disposais d'un temps de cerveau disponible hier, j'ai dégainé ma zapette et fait un tour dans le marigot télévisuel français.
On commence par la visite de notre Thénardier chez les agriculteurs qui exposaient dans la capitale : comme prévu, il amena dans sa besace la rançon prévue. Après avoir tressé la corde des subventions, ils ont accepté le tabouret des prêts bonifiés. Premiers en pesticides, derniers en bio et champions des marées vertes, il leur a assuré néanmoins qu'il se torchait avec les règles environnementales du Grenelle et que "ça commence à bien faire". Le truc avec ces chaînes tout-info c'est le flot qui vous arrive de toutes parts : bandeaux qui défilent en haut de l'écran, en bas, en plus de l'animatrice qui essaye de faire des phrases avec la bouche. En fin de compte, tu ne retiens que les messages pub qui passent, sans interférence, toutes le six minutes.
Plus tard, j'ai vu Eric Zemmour qui nous faisait du Finkelkraut chez Ardisson. Il prétendait que les noirs et les arabes sont majoritairement des délinquants et c'était pour ça qu'ils sont contrôlés tout le temps par la police, qu'ils vivaient en communauté et chassaient les petits vieux blancs qui n'ont pas les moyens de vivre à Neuilly.

"Zemmour

Nom originaire d'Afrique du Nord, . Il vient du berbère et signifie olivier (azemmur). Variantes : Zemour, Zemor. Avec suffixe d'appartenance : Zemouri, Zemmouri. Avec préfixe filiatif arabe : Benzemour, Benzemmour."


A force de sombrer dans la vulgarité, Eric finira à la ferme célébrités à nettoyer l'enclos des hyènes avec Franckie Vincent.

Enfin, on assiste au sacre attendu et largement sponsorisé du conceptuel Benjamin Biolay aux victoires de la musique. Une musique violonneuse glauque, servie par une voix qui dit des mots puissamment arrachés au dictionnaire des synonymes. L'éternelle Olivia à la voix de crécelle, un coeur de pirate nasillard, du Johnny en veux-tu, de l'Aznavour en voilà. Pendant que Stevie Wonder chantait, le réalisateur se sentait obligé de montrer les spectateurs blacks présents dans la salle... lamentable.

C'était une petite chronique French touch en direct. A vous les studios...

vendredi 5 mars 2010

Tête de Turc

Des députés allemands suggèrent aux Grecs de fourguer quelques îles pour se refaire auprès des banques.
Sans aller jusqu'à cette extrémité humiliante, ils devraient annuler leurs contrats d'armement avec la France, histoire d'économiser quelques milliards et éviter ainsi l'implosion sociale.
Mais s'ériger en rempart contre les barbares d'Asie mineure, cela implique des sacrifices.










jeudi 4 mars 2010

Barroso a la patate

Les industriels poursuivent une logique de marché et de rentabilité et occupent l’espace laissé vacant par les institutions publiques. La société ne doit pas leur laisser le champ libre et décider seuls de la généralisation et la banalisation de certaines technologies intrusives comme les nanotechnologies, les OGM, les ondes, etc.

Les gouvernements en prennent conscience car leurs opinions publiques ne cessent de le leur rappeler. Plusieurs associations, menées par des scientifiques, mettent en garde et dénoncent le manque de concertation et de recul sur certaines de ces technologies. Ils militent pour l’application des principes de précaution et revendiquent à juste titre le débat sur la place publique et c’est là tout le problème.

En réponse, les industries viennent à la rescousse des autorités en leur fournissant clés en mains des collèges d’experts, des groupements scientifiques et autres autorités de contrôle. Ces instances qui offrent l’avantage indéniable de la caution scientifique et de la parole d’experts, sont mis gentiment à la disposition des états en tant qu’alibi. Par conséquent, les rapports favorables prouvant l'inocuité de tel ou tel produit parviennent plus aisément à trouver leur chemin vers les médias. Les interventions médiatiques de sommités, qui, fortes d’arguments, discréditent toutes les voix dissonantes. Ces dernières sont traitées de vecteurs de la peur et du repli sur soi , elles sont même accusées de théorie du complot.

Seulement voilà, il se trouve que ces cautions scientifiques sont elles-mêmes sujet à caution car la porosité entre la recherche scientifique et l’industrie fait en sorte que les premiers ont été, ou seront forcément un jour, les salariés des seconds. Les exemples de débauchage ne manquent pas . La nature a horreur du vide et le désengagement de l’état est une opportunité appétissante pour les grands groupes.

A l’instar de certains bloggueurs, je suis sensible au sujet des OGM et je pense que les institutions européenes ont été démocratiquement élues uniquement pour servir l’intérêt des citoyens. Je dénonce la main mise des lobbies industriels qui bafouent les libertés des peuples en les privant de débats loyaux et approfondis sur des domaines qui touchent à leur santé.

mardi 2 mars 2010

Au rapport !

L'édition en ligne du nouvel Obs propose un retour intéressant sur les 316 propositions du rapport Attali pour une reprise de la croissance en France. Le journaliste publie un constat en trois volets : ce qui a été appliqué, ce qui est en route et ce qui n'a pas été appliqué. Dans la première catégorie, on note des décisions d'inspiration libérale facilement et rapidement mises en place en vertu de leur adéquation avec l'idéologie dominante : travail dominical, facilitation des ruptures de contrats de travail, autorisation d'agrandir les surfaces de vente pour les hypers et création du statut d'auto-entrepreneur (voir la 2ème minute du reportage pour mieux comprendre la portée considérable de cette avancée sociale).
Parmi les mesures en cours d'application, il y en a une qui a attiré mon attention et qui, je pense, mérite qu'on s'y attarde un peu : "Accueillir plus de travailleurs étrangers et simplifier la délivrance d’autorisations de titres de travail". Paradoxal, non ? Pour une majorité au pouvoir qui depuis des mois assène les amalgames les plus orduriers sur l'immigration-chômage-insécurité pour s 'attirer des sympathies électorales extrêmes.
Pour ce qui est du volet du non-appliqué, c'est un vrai festival, une vraie fête à faux-derche. Parmi lesquels, l'institution de class-actions (regroupement de plaignants en une seule procédure plus efficace) . Des procédures dispersées n'aboutissent presque jamais sur des sanctions lourdes en cas de manquements graves de la part des entreprises en France (dé-pé-na-li-sa-tion du droit des affaires on vous dit !). Il y a aussi du franchement révoltant et de l'incompréhensible. Je vous le livre tel quel :
"Se donner les moyens que tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le français, la lecture, l'écriture, le calcul, l'anglais, le travail de groupe et l'informatique.
Le gouvernement a prévu de supprimer 40.000 postes d'enseignants entre 2008 et 2010."

A quoi ça sert alors que le Jacques y se décarcasse !!

Source image.


lundi 1 mars 2010

Pas assez cher mon fils.

Ça y est ... je suis éligible ! Je ne dis pas cela pour les élections régionales qui approchent et pour lesquelles ( je vais me faire plein d'amis en disant cela) on élira des notables locaux qui se remettront, pour la plupart d'entre-eux, à exercer leur passe-temps favori : le clientèlisme. Oui je sais, ça vous fait bondir, mais il faut juste accepter l'idée que c'est là une condition parfois incontournable pour pouvoir exercer des fonctions qui nécessitent le compromis. C'est la nature, devenir un élu, c'est apprendre l'art de négocier. Ça n'empêche pas évidemment de faire aussi du bon travail par ailleurs. (la minute contradictoire étant passée, j'attaque le sujet)

Je disais donc que je suis éligible désormais au CAE et à .... tenez-vous bien : 90%. En effet, je rappelle particulièrement aux futurs-ex salariés parmi vous, qu'il existe un dispositif qui s'appelle Contrat Accompagnement à l' Emploi qui permet à l'employeur de bénéficier d 'une aide de l'état sur le smic versé. Une fois atteint 45 ans, votre salaire est pris en charge à 90%, si vous entrez dans le dispositif. Moi, je suis éligible à 90% ... Youpiiiii !
Dans ma recherche d'emploi, devrais-je utiliser cela comme argument principal ?
Devrais-je mettre cela avant ou après mon bac+3 sur mon CV?

A part tirer vers le bas les salaires et considérer que votre travail ne vaut réellement que 10% de sa valeur, par conséquent, que vous ne valez plus qu'un dixième de smic pour votre bienheureux employeur, ces dispositifs finiront par offrir gratis l'effort de certains salariés juste pour maquiller et rendre présentables les chiffres de l'emploi... euh....du chômage en France.

Déjà, rien que pour s'implanter, l'entreprise demande des efforts considérables aux collectivités en terme d'aides, subventions, terrains, classement en ZA, en ZAC et cela sous le prétexte de "créations d'emplois dans le bassin". M'enfin... l'entreprise ne vient pas s'installer juste pour "créer l'emploi" comme elle le prétend. L'entreprise n'est pas philanthrope. C'est un peu aussi pour gagner des sous et des parts de marché avec son activité, la preuve, quand ça ne marche plus, l'entreprise s'en va.... et souvent avec les sous. Mais l'élu est sensible à la question de l'emploi et ça lui permet de présenter un bilan positif dans son petit journal local tout en couleurs où son image apparaîtra 30 fois en seulement 6 pages.

A bien réfléchir , est-ce une solution durable ? Ne faudrait-il pas que les élus se remettent du bon côté du bâton et redeviennent les vrais décideurs ?




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