mardi 30 mars 2010

Le thon de la discorde.

Thalassa, le magazine de la mer est une des rares émissions de télé que j'apprécie. Le ton des reportages n'est ni donneur de leçons (Hulot, Arthus), ni voyeuriste et pédant (capital). L'équipe de George Pernoud nous dévoile un monde ni parfait, ni catastrophique. Une terre habitée par des êtres humains et c'est une part de cette vie qu'on partage au fil des images avec ses joies et ses drames, sa beauté et sa crasse.

Parfois , les sujets sont graves et polémiques et ils sont traités à la manière journalistique : enquêtes, recherche d'interlocuteurs importants, neutralité objective. Pernoud respecte le spectateur et lui ouvre la voie à une réflexion libre.

Lors du périple en mer rouge, un reportage sur la piraterie au large de la Somalie racontait dans un port des Seychelles, les mésaventures des thoniers français et espagnols qui refusaient de prendre la mer sans protection. Ils craignaient en effet des attaques de pirates qui s'aventuraient de plus en plus loin des côtes somaliennes pour aborder les bateaux. D'ailleurs, un thonier espagnol venait juste d'être relâché après le paiement d'une forte rançon. Les espagnols ont repris la mer après qu'une équipe de sécurité privée payée par les armateurs ne soit montée à bord. Par contre les thoniers français plus veinards, ont eu droit à un commando de la marine française avec tout le matériel dernier cri. Un peu comme si Auchan demandait des CRS pour remplacer ses vigiles.
Pour profiter en toute légalité de cette protection d'état, un thonier battant pavillon italien et armé par une entreprise franco-italienne a dû changer de pavillon et navigue désormais sous drapeau français.

Quelle belle leçon de libéralisme d'opportunité !

Désormais quand vous achèterez du thon, achetez français et ne rechignez pas sur les prix. Ayez un peu de patriotisme économique et dites-vous que si vous le payez un peu cher c'est pour le prix du sacrifice de nos braves soldats qui auront risqué leur vie.

lundi 29 mars 2010

TV S.A.V

Le service-après vente fonctionne à plein régime sur les radios et les télés du service public.

L'inusable Michel Drucker nous a concocté une fabuleuse et interminable émission de variétés , toute dédiée à la gloire de l'avion Rafale et de l'armée de l'air réunis. Ce fleuron de l'industrie de destruction massive que tous nous envient mais dont personne ne veut a été filmé sous toutes les soudures, en quadrichromie, en loopings avec en fond sonore la B.O de Top gun (d'un goût exquis) . Si après cela, les commandes n'affluent pas aux centres d'appel , c'est à ne rien piger.

S.A.V suite : ce dernier dimanche, l'entreprise de sauvetage continuait avec une brochettes d'ecclésiastiques, missionés par Rome pour redorer le blason de la boutique. En effet, l'entreprise est attaquée de toutes parts, juste parce que quelques brebis galeuses en habits de bure ont joué à touche-quéquétte avec des mômes. Ces braves curés sont venus expliquer qu'il ne fallait pas jeter l'opprobre sur toute la profession et que promis, les fautifs recevront une grosse fessée d'une bonne- soeur bien connue.

S.A.V encore : une prise d'otage particulièrement odieuse a lieu sur les antennes pour tenter de sauver le soldat camarade-président après la tôle électorale du week-end dernier. Des hordes de porte-parole, ministres et attachés, ont sauvagement envahi les studios pour répandre la bonne parole et confirmer que nulle autre alternative n'existe à droite pour deuxmilledouze, contrairement à ce que veulent faire croire les apparences. Même la maison blanche a cédé devant la pression et a finalement accepté de participer au présidenthon 2012.

Alors, chers clients si vous êtes mécontents de l'article que vous avez acheté en 2007 et pour lequel vous vous êtes endettés pour cinq ans, le service public vous offre la possibilité de vous le réparer chez vous et vous propose une prolongation de garantie de cinq années.



samedi 27 mars 2010

J'ai mal à l' Afrique

Les grandes démocraties occidentales s'accommodent facilement des présidences à vie dans les pays de l'ancien tiers-monde. Plus particulièrement dans les pays africains. Ces dictatures sont qualifiées de gage de stabilité et d'ordre, qualité primordiale pour une coopération fructueuse. Il nous paraît normal alors, que les présidents africains soient réélus indéfiniment, jusqu'à ce que mort s'en suive. Si, en plus et par malheur, ces pays sont en possession d'une quelconque ressource naturelle : pétrole, uranium, or , il arrive que les partenaires intéressés sponsorisent fortement les héritiers directs, créant de la sorte une monarchie favorable à un business durable.

Ce pragmatisme économique permet à ces grandes âmes pétries de grands principes démocratiques uniquement valables dans l'espace Schengen, de fouler aux pieds joyeusement les droits de ces hommes et de ces femmes. Les limites du pouvoir d'indignation ont reculé fortement depuis que le libéralisme mondial a réussi a corrompre l'écologie , dévoyé le micro-crédit et rendu le tourisme grande cause nationale chez les pauvres. Ces nouveaux concepts de charité rentable ont peu à peu supplanté l'aide au développement et à l'éducation en faveur des pays pauvres. Je ne veux même pas parler des néo-missionnaires qui ajoutent leur propre petite louche d'eau bénite.

Les opinions publiques occidentales sont de moins en moins promptes à dénoncer les exactions commises par les dictateurs locaux et ce au nom des intérêts économiques en Afrique et dans les pays Arabes, submergées qu'elles sont par un discours politique interne xénophobe et anxiogène. On ne parle plus désormais à des populations émancipées et libres, on s'adresse à un citoyen européen terrorisé. La peur devient un argument électoral principal.

La notion de démocratie est à géométrie variable. On peut dorénavant tolérer (dire du bien et traiter avec) des présidents à vie africains parce qu'on a décidé que le cadre général dans lequel s'effectue leur évolution intellectuelle suit la même progression que l'évolution de leurs économies et leur niveau de vie, que leurs populations ne sont pas "assez mûres" pour intégrer les principes d'alternance politique. La coopération continue à se faire dans un but strictement lucratif et ceux qui ne l'ont pas encore bien compris, on leur enverra des chars et des troupes pour bien leur expliquer.

L'Afrique à papa a encore de beaux jours devant elle.



Les deux points G

Cela fait un petit moment que Henri Guaino a disparu des médias nationaux. Il nous avait pourtant habitué à sa présence à travers les discours qu'il écrivait pour notre petit contremaître.

Mais où est donc passé Henri ? Serait-il entrain de nous mijoter une nouvelle réforme de l'éducation nationale ? Se penche t-il sur les nouveaux programmes d'histoire ? C'est vrai que la marotte de Henri, c'est l'histoire. Pas celle des historiens, non, celle du devoir de mémoire. L'histoire qui sent le bon vieux Banania.

Notre chef ne fait plus dans le discours grandiloquent, il ne donne plus dans le trémolo vibratoire, le flonflon ronflant. Depuis qu'il ne se rend plus sur les plateaux enneigés pour donner plus de gras à sa stature présidentielle, on n'entend plus parler d' Henri. Pourtant, la lettre de Guy Moquet, l'évocation de Jaurès, Blum et plus récemment Camus, c'est lui.

L'ouverture historique a vécu, l'ouverture politique aussi !

Une page importante dans le microcosme feutré de l'Élysée vient de se tourner à la suite de cette élection. Malgré les dénégations, la portée nationale du scrutin s 'est confirmée après cette semaine bien agitée où les cartes ont dû être redistribuées à droite, au centre et à gauche. Un mouvement de grande ampleur, dont on n'a pu voir que la partie émergée, a eu lieu sur l'échiquier politique national.

Le retour aux fondamentaux de la droite moi je suis pour. J'aime quand les choses sont claires et quand les clivages sont nets. Chacun doit garder son camp et le centre doit être déserté. La droite doit se prévaloir de son propre héritage historique et invoquer ses propres gloires du passé et recruter son personnel exclusivement au sein de son cheptel idéologiquement conforme (Quand elle peut) .

Note de l'auteur : ceux et celles qui s'attendaient à un billet à froufrous et dentelles en seront pour leurs frais : Ce texte est libellé "droite et politique" et sous-entend Guaino et Guéant.

vendredi 26 mars 2010

Produits dérivés

Déambulant nonchalamment dans les rayons de mon fournisseur officiel de malbouffe hautement tarifée, je rencontre ce beau prétexte pour faire un billet.
Les dernières bagarres entre les tribus parisiennes ont fait un mort et depuis, l'autorité a imposé quelques matches à huis-clos pour répondre aux accusations de laisser-faire par rapport à quelques groupes violents.
Un brave type, assis derrière des écrans de contrôle qui rendraient jaloux les ingénieurs de Cap Canaveral, expliquait aux reporters la difficulté d'identifier et d'appréhender les fauteurs de trouble.
Il devrait expliquer ça à Xavier Bertrand et à son maître, qui n'ont de cesse d'ériger la vidéo-surveillance en panacée universelle contre l'insécurité. (Il faut dire que même J.J Treiber, qui pendant sa cavale, se pavanait devant les caméras n' y était pas arrivé). Difficile à croire en voyant toute cette technologie de pointe et sachant que les clubs de supporters tiennent des registres précis de leurs adhérents . Il faudra mettre cela sur le compte des gesticulations de campagne habituels, tout est désormais rentré dans l'ordre, la baston peut continuer.

Rama, elle pense au contraire que " le sport est une des activités les plus exemplaires en matière de mixité et de diversité". L'intégration par le sport, voila une piste de recherche qu'elle est bonne et nouvelle.
Souvenons-nous de l'équipe black-blanc-beur qui a gagné la coupe du monde. Cela aurait dû être un nouveau départ en matière d'anti-racisme et de tolérance en France et vous allez voir ce que vous allez voir... quatre ans plus tard, Le pen est au second tour des présidentielles.
En somme le principe selon lequel si tu es black ou beur, tu auras plus de chances de réussir dans la vie en devenant sportif ... ou rappeur, est un raisonnement purement Zemmourien.

En attendant, j'espère que le PSG aura eu aussi la bonne idée de fournir des déodorants à ses supporters car lever le bras en signe de joie est une pratique très courante dans certains gradins du parc.



jeudi 25 mars 2010

Faites-nous rêver

Lorsque la confidentielle élite possédante fabrique trop de pauvres avec l'aide d'un pouvoir politique de droite prompt à l'obéissance et à la servilité, certaines digues rompent et commencent à gravement menacer ses intérêts. Elle prie donc l'exécutif de trouver des artifices pour la diversion et puis quand ces derniers échouent, vient l'alternance. La conséquence la plus attendue est un renversement politique à gauche. La gouvernance est donnée provisoirement à ces enfants terribles, pourtant issus des mêmes grandes écoles que les autres, mais qui ont toujours refusé de se coiffer la raie sur le côté. Des vrais rebelles en somme. L'alternance se fait alors sur le mode tampon et la priorité consiste à tenter d'éteindre les incendies les plus importants. Ce rôle permanent de pompier épuise la gauche et lui confisque le temps et les moyens de traiter les problèmes de fond. Comprendre le fonctionnement de cette machine à fabriquer du pauvre et enrayer ses rouages. Le désenchantement survient et devant l'ampleur des dégâts et l'énormité de la tâche, certains baissent les bras et se font la raie sur le côté. L'incendie n'est qu'à moitié circonscrit et le populo déçu, va noyer son chagrin en allant se pinter au bistro de Jojo le borgne.

La gauche alliée devra rester ferme sur les principes et trouver le courage politique de nettoyer cette crasse libérale qui s'est accumulée depuis quinze ans, remettre les compteurs à zéro avec ces lois scélérates et inutiles et rendre aux citoyens leur dignité et un avenir.
Alors dans deux ans il ne sera pas trop tard pour bien faire.

Thierry Jonquet a brillamment raconté une partie de sa vie de jeune militant dans ce livre que je recommande chaleureusement pour sa justesse de vue, sa poésie et son message.


mercredi 24 mars 2010

Retour aux normales saisonnières

Comme il doit être dur de se rendre à l'évidence, de se réveiller le lendemain de défaite et de revenir à la triste réalité des choses. Ces choses qui vous remettent dans votre vraie dimension. Une petite dimension. Triste retour à une petite politique d'arrangements entre ennemis. Il faudra désormais laisser les envolées internationales aux relents de sauvetage du monde et de ses environs aux vestiaires et s'affubler du costume étriqué du chef d'un état en perte de vitesse et de crédibilité. Sordide agitation.
Retour aux fondamentaux qu'ils ont promis : on entre dans la campagne électorale pour les présidentielles la plus longue de l'histoire. Putain, deux ans ! Le spectacle promet d'être croustillant. L'entre deux tours a duré six jours, six petits jours dans lesquels on a annoncé "par erreur" la mort d'un policier et l'arrestation " par erreur" de braves pompiers catalans, juste parce qu'ils causaient un charabia proche du basque. Alors, imagine deux ans !!!!
Pendant ce temps, les vrais leaders (ceux qui énervent tant) surmontent des Everests d'adversité pour oeuvrer tant bien que mal en faveur de leurs citoyens et défient les tyranneaux pékinois en accueillant leurs opposants. Reçoivent des prix Nobel et tentent de faire baisser les tensions en Orient même si rien n'est gagné.
Putain, deux ans ! Deux ans à voir les uns manger leur chapeau jusqu'à l'indigestion, à entendre les autres vociférer et le reste pisser dans des violons ou bien crever la gueule ouverte. Que de temps gâché.




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