Ainsi se plaît-on à dire que les troubles qui surviennent en Algérie et en Tunisie sont de même nature et qu'il y a un effet d'entraînement.
N'étant pas expert en la matière mais ayant un tropisme pour l'Afrique du nord en particulier, j'estime que les deux événements ne peuvent être traités de la même manière, il suffit juste d'observer le fonctionnement de chaque pays.
En Algérie la détresse sociale est particulièrement visible et présente un visage de misère inouï pour un pays qui se vante de détenir plus d'une centaine de milliards de dollars de rente pétrolière et gazière. De plus, aucune revendication politique ne perce derrière ces émeutes. Internet n'est pas filtré, aucun parti n'est interdit de manifestation ni aucun opposant politique emprisonné. Le pouvoir en place apprivoise l'opposition et détient le levier de l'argent pour calmer des foules uniquement soucieuses de parer aux besoins fondamentaux : soigner et nourrir ses enfants !
Il suffit donc de baisser les taxes sur l'huile et la farine pour que tout rentre dans l'ordre.
Le régime Algérien n'a pas changé de méthodes depuis le parti unique de Boumédiene. D'autant plus que l'on aperçoit parfaitement pointer les képis des généraux derrière ce président certes civil mais qui est reste une figure emblématique de ces années 60/70 pas démocratiques du tout.
A l'époque déjà, des pénuries de denrées essentielles à la population étaient parfaitement orchestrées et ponctuaient la vie sociale du pays. Les vannes étaient sous contrôle : quand il y avait pression, on laissait filer un peu de vapeur puis on refermait sec. A l'époque le régime légitimait sa maltraitance des citoyens par la victoire contre la France, aujourd'hui par sa victoire contre le terrorisme.
Ô tempora etc ...
Les événements tunisiens sont d'une tout autre nature. Ils sont relayés par la société civile et les organisations professionnelles comme les avocats. Il s'agit d'un mouvement revendicatif profond qui demande de la liberté d'expression, une pratique démocratique accrue et ouverte et une politique ambitieuse pour la jeunesse du pays.
Rien d'inaccessible et d'impossible pour ce pays qui est reconnu pour être un exemple d'ouverture et de tolérance. Ce pays est resté un îlot de tranquillité et de stabilité dans cette région il n' y a qu'à voir ses chiffres du tourisme. Ses élites sont nombreuses et son passé apaisé. Sa grande force est qu'il ne détient pas ressources naturelles, vecteur de convoitise et de violences.
La Tunisie a beaucoup plus de moyens pour faire face à ses défis que ses malheureux voisins.






