lundi 19 septembre 2011

Journée du patrimoine

" Les Sarkozy ouvrent leur maison aux centaines de curieux qui ont fait le pied de grue devant l'Élysée pour visiter le château "

C'est récurrent. A chaque fois, les reportages sur la journée du patrimoine font la part grosse aux milliers de curieux qui se pressent aux porte du palais présidentiel et à chaque fois que je vois ça je ne peux pas m'empêcher de fulminer et d'avoir des envies de 1789.

Les médias ne perdent jamais une belle occasion de montrer notre chef de l'état en compagnie de sa tendre moitié accueillir dans un bain de foule, tels des châtelains en représentation devant le peuple, la bonne populace venue admirer, la bave aux lèvres et les yeux ronds les ors et le faste dans lequel elle a mis ses nouveaux monarques démocratiquement élus. Les gens viennent estimer, comparer. Se font du cinéma et des contes de fée. Constater que leur locataire entretien correctement les lieux, taille bien les haies et remonte la lunette des WC avant de pisser. Vérifier que la nouvelle jeune reine est belle et bien ronde, qu'elle a du maintien et de la prestance.

D'ailleurs, pourquoi avons nous laissé nos institutions, fondements de notre république comme la présidence, gouvernement, l'assemblée nationale et le sénat s'installer dans des palais, héritage d'un passé pas complètement digéré, pas complètement assumé, pas complètement révolu ? 

Et puis ... "Palais présidentiel" ça fait un peu république bananière, non ?


Nicolas demandait à quelques uns quelles étaient les 10 raisons qui pouvaient les mettre en rogne. Je mettrais dans la liste ce qui précède. Ensuite (liste non exhaustive)

La connerie sous toutes ses formes ( ignorance, bêtise, racisme, xénophobie etc...)
Les beaufs car ils monopolisent souvent un certain nombre de critères citées précédemment
Les personnes qui disent du mal des autres devant tout le monde
Les minorités visibles qui sont fières de l'être et le montrent
Les gens qui racontent leur vie à la boulangère 
Les parents qui maltraitent leurs mômes ainsi que ceux qui les pourrissent (de cadeaux)
Les connards qui monopolisent la file du milieu sur l'autoroute et ceux qui se rabattent sur vous quand ils vous dépassent sur la troisième voie, juste parce que le connard derrière leur fait des phares avec sa grosse Audi de proxénète. (ouf)
Les religieux,  les sportifs, les chasseurs et le petit commerçant (lorsqu'ils sont proches de leur caricature)
Marseille et les marseillais  (l'image qu'ils renvoient bien sûr)
Les cancres à l'école et les profs qui puent du bec et qui s'habillent dans les poubelles. 
Les émissions culinaires, le téléachat ...et 90 % de la télé


Ah j'oubliais, les partitions de jazz impossibles à jouer ...

Je passe à Iboux, Solveig, Bah....






samedi 17 septembre 2011

Libye : les raisons du preum's de Sarkozy

Il ne faudrait pas que les socialistes se mettent à croire que le déplacement éclair en Libye du président était mû par l'intention de leur gâcher le premier débat entre candidats à la primaire. De toutes les façons, Cameron ne aurait jamais emboîté le pas pour des raisons aussi franco-françaises et puis cela aurait constitué un risque médiatique qu'il ne pouvait se permettre de prendre (il y eut quand même 5 millions de spectateurs pour l'émission de Pujadas jeudi soir).  

L'affaire est bien plus compliquée que cela.

Alors qu'est-ce qui a bien pu motiver un tel déplacement éclair qui pourrait paraître bâclé au regard de l'importance de l'événement ? Certains journalistes présents (i Télé)ont rapporté que l'accueil avait été presque improvisé (une marseillaise entonnée par un pc portable avec deux minables baffles) , les agents de sécurité étaient presque aussi nombreux que la foule évaluée à deux mille personnes seulement alors qu'on sait que la place pourrait en accueillir quarante fois plus. Certes, la présence des deux dirigeants occidentaux n'est pas passée inaperçue, loin de là, mais cela aurait pu être organisé de façon moins précipitée vu l'enjeu.

La réponse est à chercher dans l'arrivée à Tripoli du premier ministre Turc prévue pour le lendemain vendredi. 

Sarkozy, toujours fidèle à ses travers d'homme agité et pressé et qui ne porte pas beaucoup la Turquie dans son cœur a cru bon de damer le pion à Erdogan. Il voulait absolument montrer aux libyens et au monde que la France devait être considérée comme le premier partenaire de ce nouveau pays et établir ainsi un rapport de force avec la Turquie dans la région en sa qualité de libérateur guerrier.

Les médias français n'en ont pas beaucoup parlé mais la Turquie a été très active pendant la guerre en Libye en fournissant armes, soutien logistique et financier aux rebelles. De plus, Erdogan finissait une grande tournée dans les pays arabes libérés pour étendre sa zone d'influence dans cette partie de la Méditerranée. Ainsi, on pourrait facilement déduire que la Turquie aimerait devenir le partenaire privilégié des révolutions arabes aidée en cela par : le refus de l'union européenne (spécialement France et Allemagne) de la compter parmi ses membres, de son fort taux de croissance et de sa vitalité économique et enfin par l'exemple de démocratie bâtie sur des principes islamiques qu'elle représente pour ces pays qui sont à reconstruire politiquement et idéologiquement.

Erdogan fut accueilli à sa descente d'avion par le chef du CNT et a rejoint le groupe pour la grande prière du vendredi. Sarkozy et Cameron ne pouvaient certes pas communier avec les libyens  dans une mosquée, mais pour parler des peuples arabes et de leur courage, n'aurait-il pas fallu aller à Tunis et au Caire depuis le temps maintenant que ces deux capitales ont été libérées de leurs dictateurs ?


vendredi 16 septembre 2011

Un Barbier et des blaireaux

Les scribouillards de l'Express ne trouvent pas les mots pour écrire un article digne de ce nom pour relater  objectivement et de façon impartiale le débat entre les candidats de la primaire socialiste.

Ils préfèrent laisser libre cours aux coulures de leurs commentateurs internautes, qui sous un Calimero, un Barthos ou autre Lebailleur, apportent leur indispensable et définitif avis sur la question.

Quand ce n'est pas l'illustre Monsieur X qui s'exprime, la rédaction entière se met à donner des notes sur vingt en énumérant les bons et les mauvais points. Son rang l'obligeant à mettre la note la plus haute : 14/20 . Barbier semble ne pas souffrir chez ses collaborateurs une position plus gauchisante que la sienne.

Et lorsque ce n'est pas la rédaction qui juge et qui note, on fait appel à un expert en lookitude pour examiner le candidat le mieux habillé. Diantre, comment ne pas y  avoir pensé plus tôt ! Voilà un sujet qui intéresse les français, qui comme vous le savez, attachent beaucoup d'importance à la qualité de la coupe des costards des candidats car c'est un critère central dans leurs choix à venir. 

Qu'importent les idées ... pourvu qu'elles soient exprimées dans un élégant costume DG ou dans un impeccable tailleur Chanel.

Puis vous avez ceci :

Y a pas à dire, j'adore la presse de droite.

 

mercredi 14 septembre 2011

Verre à moitié plein

Le canard à Christophe Barbier titre l'article sur le dernier sondage Viavoice sur les primaires du PS ainsi :


Il consent néanmoins à donner en détails les scores des candidats à la primaire en fonction des catégories. Pour les mauvaises langues de gauche comme moi  il n'est pas compliqué de constater que l'Express aurait pu titrer autrement les résultats de l'enquête. Par exemple : 40 % des français se disent intéressés, ou plutôt intéressés par la primaire socialiste.

Avouez qu'en posant les choses ainsi différemment,  le résultat a clairement une autre gueule et un autre impact, non ? Cela voudrait insinuer que près de la moitié des français regardent avec attention ces primaires et c'est une toute autre histoire.

Je vois déjà les esprits chagrins qui vont objecter " Ouaaaais c'est qu'un sondage. Tu leur fais dire ce que tu  veux, en fonction de ta sensibilité etc ..." Mais je les arrête tout de suite, mon propos n'est pas de commenter le sondage, il vaut ce qu'il vaut, mais de suggérer que le canard a titré de façon a amoindrir l'effet de son annonce. La preuve en est l'utilisation de la forme négative qui tend à laisser à conclure en creux et par défaut.

Un titre en termes positifs a un effet de loupe sur le lecteur. L'express nous tend le mauvais côté des  jumelles pour regarder. 

Ce n'est peut-être que du chipotage, mais ...ça vous remue un Captain quand même.

(Bon, c'est mercredi et j'ai jazz ...alors je vous laisse)


mardi 13 septembre 2011

Test de résistance

Le temps économique est court, certains événements ont l'air d'avoir eu lieu le siècle dernier alors qu'il se sont passés juste durant l'année écoulée. 

Ainsi, le redressement de nos banques françaises après la crise de 2008 a donné lieu à un florilège d'articles de presse, spécialisée ou pas, qui vantaient à qui mieux mieux les substantiels bénéfices enregistrés par celles-ci. Bénéfices extravagants, dont le plus gras fut élégamment prélevé sur la bête, dans la jungle des frais de fonctionnement des comptes des particuliers et des entreprises ( qui d'ailleurs auraient été réglementée et j'en suis soulagé car j'ai reçu une liste claire et précise de ce que me coutait le moindre mouvement sur mon maigre compte bancaire ) .

Les grandes banques se sont donc gavées au point de rembourser les prêts de l'état avec juste assez d'intérêts pour payer un nouvel avion à Sarkozy, elles ont gratifié leurs actionnaires de gros reversements et au passage, se sont libérées du joug du plafonnement (crypto-communiste) de leurs émoluments imposé par la crise. On nous parlait aussi du renforcement de leurs fonds propres pour faire face aux prochains défis des dettes nationales.

Tout allait bien par conséquent dans le meilleur des mondes où le maître régulateur Sarkozy pouvait d'un haussement d'épaule faire trembler les paradis fiscaux et terroriser les spéculateurs. Par la suite, nous avons eu droit aux fameux "stress test" qui, à en croire la propagande de l'époque, devait éprouver la solidité de nos principaux établissement bancaires face à de nouvelles crises. Ils en sont sortis la tête haute sous les applaudissements et le regard réprobateur mais tendre du président du G20.

Hélas, tous les journaux ont ouvert sur la chute des cours des principales banques du pays et on parle même de leur nationalisation car il demeure un risque qu'elle ne puissent faire face. D'ailleurs, il est même question de dégrader leur note par les agences. 


D'autres tests de résistance sont à l'ordre du jour sur la sécurité des centrales nucléaires européennes dont les français, à leur tête le ministre Besson, sont les fers de lance. Encore une fois , certains experts craignent que les critères de ces tests ne soient pas si contraignants comme par exemple la non prise en compte d'un crash d'avion sur une centrale nucléaire (scénario rendu plausible par les dernières commémorations du 11 Septembre) . Mais n'ayons aucune crainte, "l'incident industriel" d'hier dans le Gard n'a rien à voir avec une quelconque faiblesse dans nos équipements. 

Comme on nous l'avait affirmé auparavant pour les banques :  Les tests de résistance ont fonctionné à merveille ! Ceux des centrales nucléaires le seront tout autant.

A ce propos, personne n'a encore pensé à tester la résistance des citoyens à subir et à avaler ce genre de formules définitives et contestables ?

lundi 12 septembre 2011

La première mesure du prochain président

Pour que la toute première mesure du nouveau président ait un impact important dans le pays, il faudra qu'elle découle naturellement de l'analyse des raisons de la faillite du dernier.

Nous le savons tous (ou presque) ce président tombera forcément pour des questions d'argent. Ayant été pendant longtemps Maire de Neuilly-sur-Seine, la ville qui abrite les plus grandes fortunes du pays et avocat d'affaires très proche de grands groupes industriels, il avait d'emblée annoncé la couleur : il fallait que la droite se décomplexe par rapport à l'argent. La "réussite" économique ne devra plus se cacher, les riches ne doivent plus avoir de scrupules à montrer leur fortune car il seront désormais au cœur du système. Ils fourniront les bataillons de conseillers qui œuvreront  pour leurs intérêts au plus profond de nos institutions.

Pour se démarquer et créer de la confiance, le prochain président (présidente) devra rendre aux citoyens leur république en faisant sortir de son périmètre les intérêts privés qui y ont fait leur nid et pondu des œufs.

L'état doit reprendre possession de ses murs, les assemblées élues, la dignité de leur fonction et la justice son indépendance. Assurer aux citoyen qu'on lui rendra les moyens que la droite a longtemps confisqués à son profit et s'engager à les remettre intégralement dans la santé, l'éducation, la sécurité et l'emploi.

Je réponds à Stef qui m'a tagué sur cette question. Je profite aussi pour vous dire un grand merci d'avoir lié d'une manière ou d'une autre ce modeste blog et d'y avoir jeté un petit coup d'œil ...voire même quelques mots. 

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