jeudi 8 avril 2010

Servez-vous, prenez-en de la graine

Madame Lagarde, notre brillante et bilingue ministre des coffres vides a été conviée par Angela Merkel pour assister à un conseil des ministres allemand. Très peu de retour médiatique (visible) sur cet événement, à part le Canard de cette semaine qui indique que ce fût un conseil intéressant dans la mesure où il a été décidé de taxer les banques pour constituer un fonds où puiser en cas de rechute financière. Le Canard a ajouté qu'en France rien n'est prévu et qu'il était urgent d'attendre. Nos chers décideurs et leurs crânes d'oeufs si chèrement rétribués se contentent de parler et de faire du vent .
Pourtant, on a vu pas mal de ministres en mal d'argumentation, prendre exemple sur leurs collègues européens lorsqu'ils devaient justifier une nouvelle réforme dont l'efficacité n'apparaît pas évidente pour des esprits normalement constitués et éduqués. En réalité, ils trouvent toujours les mauvais exemples à donner. Les exemples notoirement connus pour leur inefficacité. Des exemples faciles car ils découlent de concepts simples. On entend souvent dire : "il ne faut pas embêter les français avec ces choses techniques et compliquées...". Pourquoi donc ? Cette insulte permanente qui est faite à notre intelligence de citoyens avisés doit cesser. Notre pays possède une société civile qui a toutes les ressources intellectuelles et l'expertise pour discuter, comprendre, entériner ou refuser les politiques. Toutes les politiques : sociales, éducatives ou bien économiques. Les bons exemples, par contre, sont toujours plus difficiles à invoquer et à suivre. Ils impliquent une remise en question profonde et un examen qui prend du temps.

Le courage politique consiste aussi à prendre exemple sur les voisins immédiats qui peuvent réussir dans certains domaines. Pourquoi, par exemple les balances commerciales françaises et allemandes sont-elles si distendues ? Qu'en est-il des délocalisations ? Beaucoup de questions restent posées et les français seraient en droit d'avoir des réponses sur d'autres sujets que les grotesques débats sur la burqa, l'immigration, l'identité nationale et les complots sur la vie sexuelle des chanteurs (et chanteuses) raté(e)s.




mercredi 7 avril 2010

Tu l'as vu mon complot...

Nul ne pouvait voir les coulisses où l'enchanteur pouvait se grimer et porter les artifices destinés à accaparer le public. Une fois prêt, il pût s'insérer dans le cortège joyeusement coloré pour fêter l'équinoxe, prétexte à sa propre intronisation. C'était lui, le roi du défilé. Les fous, les nains, les danseuses et les ménestrels tournaient en farandoles grimaçantes. Une fanfare annonçait bruyamment l'arrivée du mage. En tête, les instruments les plus tonitruants et percussifs : tambours et trompettes. Le peuple en prenait plein les yeux, plein les tympans.

Le magicien est doué. Il déploie son art devant une assistance médusée à laquelle il avait préalablement confisqué l'ouïe, la vue et tout entendement. La poudre vole et scintille, les jongleurs et les acrobates sautent, cabriolent. Les danseuses frétillent et chaloupent pendant que les complices du mage font les poches au spectateurs hébétés.

Une fois passé, le cortège laisse derrière lui une rue jonchée de papier gras qui avaient emballé les promesses d'un festin huileux, et une foule nauséeuse. Le vacarme s'éloignant, chacun retrouve ses esprits, s'inquiète en se palpant les fouilles avant de baisser la tête résigné car, c'est l'heure de reprendre le travail. Finalement, il ne leur reste pas grand-chose en poche, ils n'avaient perdu que très peu. D'ailleurs comment peut-on voler des pauvres, se demandent-ils ?

De toutes les façons, ceux qui survivront pourront toujours assister au défilé de l'année prochaine.



mardi 6 avril 2010

ça y est je craque...

Ce jour béni où Obama a trouvé grâce aux yeux du chroniqueur Bernard Guetta ce matin sur Inter.

C'est ce titre que j'avais choisi pour le billet d'aujourd'hui mais il est un peu long. Il en dit long sur l'abandon et la tristesse dans lequel sont plongés nos chroniqueurs vedettes. Le harassement se distingue dans les propos et la lassitude pointe le nez. Oui, la réalité est peu flatteuse et les faits sont impitoyables : pendant que les uns vont de l'avant et font preuve de stratégie patiente et intelligente pour arriver sans vacarme à des résultats positifs, les autres s'agrippent à des pauvres petits principes érigés en mode de gouvernement et plongent dans la médiocrité et l'arrivisme le plus honteux.

Ce discours devant les étudiants de Columbia et le ton utilisé a été un choc et un vrai crève-coeur . Je me demandais où il fallait rire, et à quel moment il fallait pleurer. Que cette scène ait lieu dans un meeting électoral à trifouillis-sur-seine après un long repas arrosé, passe encore. Mais au States et devant un parterre d'étudiants censés représenter l'élite avec laquelle nos enfants devront traiter plus tard, c'en est trop ! Mais c'est vrai qu'à New-York, personne ne lit la presse française.

A beauf is born.



dimanche 4 avril 2010

Très chères banlieues difficiles

Depuis que Bernard Tapie (voir précédent billet) en avait inauguré le genre, les ministres de la ville qui se sont succédés dans notre beau pays n'ont cessé de s'agiter piteusement devant les caméras en brandissant des plans coûteux qui promettent monts, merveilles et milliards pour la réhabilitation des quartiers dits défavorisés et difficiles.

Dernière en date, la sous ministre Fadéla Amara avec son plan espoir/banlieues qui a fait un énorme flop à l'instar de toute la politique menée par le gouvernement qui l'emploie. Les belles images sur fond de cités délabrées où l'on entendait ces bonimenteurs professionnels promettre un investissement de l'état et une vraie politique de lutte contre toutes les discriminations ont fait long feu.

La réalité est que l'exécutif se gardera toujours de mener quoique ce soit de positif dans ces endroits abandonnés car ils représentent sa dernière bouée de sauvetage. Depuis des années, ces banlieues ont été désertées par l'administration et la république. Elles ont été livrées à elles-mêmes consciencieusement, méticuleusement. On y a laissé prospérer toutes les exclusions et les frustrations. On y a même encouragé le communautarisme et tout cela pour des fins non-avouables mais grossièrement évidentes de récupération politique.

On observe depuis une décennie à chaque approche de renouvellement de mandats électoraux, que la menace de l'insécurité avec ses corollaires puants d'immigration/chômage/banlieues/ est brandie comme un épouvantail. La droite a bien compris que son électorat conservateur était tangent et ne peut être géré que par la peur. Qu'il n'est sensible qu'aux sujets touchant à l'insécurité. Les banlieues étant désignées d'avance comme facteur d'insécurité, le nombre de sujets traités dans ce domaine par les médias augmente dans la même proportion. Les déplacements ministériels plus fréquents, les coups de mentons et les déploiements policiers font la une des journaux populaires.

La droite a besoin des banlieues difficiles et ne détruira pas sa seule planche de salut. Il lui reste un gros stock de Karchers à fourguer en 2012.





samedi 3 avril 2010

Nanard is back

Le golden boy des douars est de retour. Le digne représentant de la caste des winners des années 90 nous fait un come-back éclatant. Une belle époque yachts et bling-bling, affairisme et politique, ministères et clubs de foot. Une époque de mélanges dont nous continuons à subir les conséquences aujourd'hui.

Jean Louis Borloo fut son avocat pendant ce bon vieux temps. Je rappelle que jean Louis est devenu ministre d'état depuis : (Sous la cinquième république,le titre de ministre d'État est utilisé pour marquer de manière significative la prééminence de celui qui le porte au sein du gouvernement, placé protocolairement aussitôt après le premier ministre et avant les autres ministres) .On se souvient également que Nanard avait apporté publiquement son soutien à notre guide suprême lors des élections présidentielles. La boucle est bouclée et le monde trop petit.

Il réapparaît de nouveau sur les écrans car il est innocenté par la justice et se retrouve plein aux as et il tient à le crier à la face du monde. (les esprits tordus et autres comploteurs sont priés de ne pas rire, merci). Un exemple à suivre pour tout ces assistés qui se plaignent de la crise et de la pauvreté qui les guette, ils n'ont qu'à se bouger un peu, quoi!

Revoilà donc notre Sinatra des banlieues sur la scène médiatique qu'il aime tant et qui le lui rend si bien. Remettra t-il son nez dans le foot ? Peut-être de la politique ? Commetra -t-il à nouveau un album avec Doc Gynéco pour le sortir de la spirale du chômage ? Va t-il nous infliger ses héritiers ? Fera t-il du micro-crédit ? Concourra t-il pour un prix Nobel ?

Vous le saurez bien assez tôt en découvrant la saison 2 de la série Nanard is back !

(ceci est une allusion tout juste voilée à Bernard Tapie, pour ceux qui n'ont pas suivi)


vendredi 2 avril 2010

Faire-part

L'Association Française des Cocus de la Politique de Droite (AFCPD) a l'honneur de vous annoncer l'arrivée, parmi ses nombreux adhérents, d'une personnalité médiatique de premier plan : Nicolas Hulot. Ce dernier s'est rapproché de l'AFCPD à la grâce d'un rappel brutal à la réalité de la politique d'une droite qui retourne à ses fondamentaux. D'autre part, l'association a reçu un grand nombre de bulletins d'adhésion ainsi que les cotisations annuelles mises à jour d'un certain nombre de députés de la majorité, notamment de Monsieur T. Mariani. Ce dernier, ayant toujours gardé son âme d'enfant, continuait à croire à des promesses de lendemains radieux pour sa carrière et ses émoluments . Nous pouvons aussi nous enorgueillir de compter dans nos rangs, deux anciens ministres fraîchement débarqués pour cause de baffe électorale . Nous gardons néanmoins bon espoir pour la suite car les demandes d'adhésion affluent en masse de tout le pays. Un grand merci à tous.


mercredi 31 mars 2010

Le bal des faux-culs

Les députés de la majorité se sentent pousser des ailes depuis la prise de parole collective organisée suite à la peignée qu'ils ont subie aux dernières régionales. Les séances de thérapie de groupe ont libéré la parole, le taux de testostérone s'est brusquement élevé chez l'individu mâle du côté droit de l'hémicycle et des poils drus ont subitement poussé sur le poitrail gonflé à bloc de certains députés décidés à faire la peau au bouclier fiscal. Quel revirement ! Quel courage ! Pourtant, ils avaient voté d'un seul geste et comme un seul homme, toutes les lois que leur proposait l'exécutif. Obéissance et solidarité étaient les deux mamelles de la politique législative qui régnait au palais Bourbon jusque- là. Mais dès que le capitaine tourne le dos, le vent de la révolte souffle dans les rangs et contrairement à ce qui est martelé dans les médias, cette levée de boucliers n'est pas motivée par une préoccupation d'égalité des citoyens vis-à-vis de la fiscalité, ou par un désir de plus de solidarité envers les pauvres, c'est juste l'expression d' une trouille innommable. De l'angoisse de perdre mandats et forts avantages aux prochaines législatives. Qu'on ne s' y trompe pas, certains députés de droite se disent qu'ils ont peut-être parié sur un mauvais canasson et qu'il est temps de tourner casaque. Ils ne sont nullement inquiets de la grave crise que subissent leurs concitoyens les plus faibles ainsi que les travailleurs de ce pays.

De retour et dégrisé du champagne et des flashes américains, le patron va leur remettre les pendules à l'heure et sonner la fin de la récré. Les moutons retrouveront alors leur enclos et les plus riches continueront à recevoir leur gros chèque du trésor public à la fin de l'année.


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