mardi 31 janvier 2012

Mon conseiller ne connait pas la crise

Lorsque ce quinquennat a commencé, l'élite droitière qui le compose avait eu un accès de fièvre manageriale et libérale et avait décrété que l'obligation de résultat serait dorénavant la norme et le socle sur lequel devait se baser toute l'action à venir de l'état. Mais comme toutes les bonnes résolutions, celle-ci ne dura que le temps qu'il a fallu pour la démouler et tirer la chasse d'eau. 

L'ami Dosière vient à point pour nous rappeler que malgré la "crise sans précédent que nous subissons" chaque ministère français revient en moyenne à 17 millions d'euros pièce par an. Le député nous révèle aussi que le tiers de la dépense est dévolu à la communication. On nous avait vendu un quinquennat d'action, on se retrouve avec un quinquennat de communication.

Puis, faut admettre qu'il y a une grosse arnaque : Morano, Lefèbvre, Douillet et autres Apparu ne sont pas franchement d'un bon rapport qualité-prix au prix du kilo de neurone.

Non seulement, la pléthore de ministères a été maintenue malgré la disette budgétaire, mais de surcroit, une partie de l'argent qui aurait été plus utile dans les écoles ou les hôpitaux publics, se retrouve dans les bourses déjà garnies des communicants à grosses montres. Tout cela pour quel résultat ?

Une dette, un déficit commercial, une désindustrialisation, un chômage, l’échec scolaire, la pauvreté, la santé et j'en passe. Le député arrondit tout de même les angles en admettant que l'actuel président a bien voulu lever une partie du rideau mais il explique néanmoins que personne ne connait son patrimoine personnel ni ne peut faire le chiffrage réel du coût de ses innombrables déplacements de campagne de président . On estime chaque déplacement à environ 450 à 600 mille euros. 

Enfin, il rajoute ce petit biscuit qui ravira les indécis du vote... les incertains du bulletin ... les tâteurs de candidats:

"Peut-être que certains membres des cabinets ministériels ont profité de ma première enquête, qui montrait des disparités entre les ministères, pour se faire augmenter. Si cette hypothèse se confirmait, j’en serais profondément désolé."

Nous aussi, nous aussi !

lundi 30 janvier 2012

Le FN redevient fréquentable

On se demandait bien combien de temps cela allait durer.

Depuis l'opération lifting du parti menée par fifille, les observateurs signalaient le retour en république des petits frères de la droite : discours formaté et policé dont les particules les plus pointues ont été filtrées par le nouveau voile de la si convoitée respectabilité .

Finis les meetings matraques et gros bras, le discours est désormais dirigé vers les classes moyennes. Les banquets à papa, séniors veste blanche rayée bleu-chemise ouverte-chaîne en or qui brille, c'est du passé : place à la modernité, aux costards gris-chemise bleue et au look La city. Finis les dérapages, les détails de l'histoire ... même les ennemis d'hier ont accepté le grand pardon face à l'envahisseur à babouches. Bref, opération virginité réussie.

D'ailleurs les grand frères de l'UMP ne s'y sont pas trompés, la droite populaire a fait le grand saut et a acheté l'anneau nuptial. Guéant et Sarkozy ont chargé la corbeille de la mariée : discours de Dakar, de Grenoble, les Roms, les fraudeurs, le cancer de la société, les immigrés légaux ...illégaux ...naturalisés, les étudiants. Même les médias en font des caisses : Marine séduit le vote populaire, les tabous sont levés, les sondages au plus haut, Collard à la rescousse, à moi Zemmour, à moi Ménard !

Mais le temps d'une valse à trois temps et tout est à refaire. Vienne, patrie de Sissi l'impératrice, a accueilli le temps d'un bal organisé par des nostalgiques du petit moustachu à frange, la fine fleur des partis d'extrême droite européens ... le jour même de la commémoration du 67ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz.

Le FN redevient fréquentable pour l'extrême droite européenne.

Sarkozy fait pschiiit

Un président qui ne connait pas ses dossiers et qui recycle en permanence les tournures de phrases reprises dans ses discours précédents.

Nous pouvons être fiers de posséder l'unique président Twitteur au monde : son vocabulaire se limite à 140 caractères qu'il tourne en boucle quelque soient les questions posées et les circonstances. C'est un président moderne finalement.

Une roue grinçante qui tourne inlassablement en faisant le même bruit : crise, courage, irresponsable, catastrophe, compétitivité, chômage, retraite, réforme, 35 heures, calamité ...crise, courage, irresponsable, réforme etc ...

Il faut dire que même son protégé et décoré J.M Sylvestre faisait une drôle de moue et paraissait incrédule de voir son adoré répondre à côté de la plaque et sans arguments pertinents. Rien que pour voir ce repoussoir social fait homme grimacer de douleur devant l'ignorance de son champion, je n'aurai raté le spectacle pour rien au monde. Bravo les gars, hier vous étiez grands !

Bref. L'hypocrisie continue : puisque qu'il n'a pas de candidat, l'UMP n'a pas de programme et n'a aucun bilan à défendre, pratique ! Les frais du candidat seront supportés parle citoyen, le CSA devra en rabattre et arrêter les chronos quand le président parle. Les français n'auront droit à aucune confrontation d'idées ni au débat contradictoire.

Une période glaciaire s'annonce pour les trois prochains mois en France.

dimanche 29 janvier 2012

1.35 E l'appel +3598,07 Euros TTC/min hors surcoût eventuel selon opérateur

Alain Minc est officiellement conseiller du président. Seulement, il affirme ne le rencontrer que rarement admettant de la sorte qu'ils échangent surtout par mails et SMS. 

Ce grand admirateur de Sarkozy révèle que son champion a une "petite" chance sur deux de renverser la vapeur en sa faveur à la suite de son babillage solitaire de ce soir. Un petit fifty ça va chercher dans les combien déjà ?

En gros, il explique sur Libé.fr  (gratuitement j'espère) que le président va sortir la grosse artillerie et jouer son va-tout. Il espère que les français seront suffisamment intelligents pour comprendre où est leur intérêt et lui donner un second mandat. Quelle audace ! Un président qui n'hésite pas à prendre des décisions graves en toute fin de mandat et qui sait qu'il n'aurait ni le temps ni les moyens de vérifier  le bien-fondé et l'impact de ce qu'il va faire subir à ses concitoyens est clairement un dangereux  irresponsable.

Pas moins de neuf chaînes pour retransmettre ce naufrage présidentiel en direct et au moins deux journalistes (sic) décorés par la droite pour mener l'interview (je vous laisse deviner lesquels). La plupart des observateurs signalent qu'il annoncera une hausse généralisée de la TVA et la fin des 35 heures (soi-disant). Il reviendra certainement sur le concept patronal de flexsécurité, ardemment soutenu par Minc et ses copains esclavagistes modernes. Il nous annoncera aussi la mort de la protection sociale en écrasant une petite larme sur ses héros du CNL.

Mais l'essentiel n'est pas là et toutes les enquêtes le montrent : les français n'en ont plus rien à cirer de ses propositions et n'attendent qu'une seule chose : que cet individu disparaisse des écrans radars avec sa clique.

Mêmes enrobées de jolies tournures et d'accents patrioto-révolutionnaires en peau de couille, toutes les belles décisions qu'il pourra annoncer ne seront qu'à l'avantage du patronat et au service des grandes fortunes. C'est ainsi. 

Ce quinquennat est marqué par le sceau infâme de la soumission aux forces de l'argent.



vendredi 27 janvier 2012

Droit dans ses tongs

Moi vous me connaissez, je regarde toujours les débats politiques avec une paupière lourde et une oreille dubitative (?) et hier j'ai tenu bon car j'attendais de voir comment le soi-disant brillantissime Juppé allait rentrer dans le lard d'un François Hollande amaigri. 

Finalement, je me suis retrouvé face à un Juppé qui n'avait pas avancé d'un centimètre depuis 1995 : même discours empreint de mépris, même technique de brouillage du discours de l'adversaire et cette incapacité maladive à reconnaître les erreurs de son camp. Malhonnêteté intellectuelle manifeste. Quant à Hollande, il a su garder son sang-froid et n'a pas pris la pente facile que lui ont offert ses interviewers.

Relégué au rôle de minable chroniqueur de plateau télé, le ministre des affaires étrangères pourtant numéro deux dans le protocole gouvernemental n'avait sûrement eu d'autre choix que d'aller se faire humilier publiquement devant des millions de français mettant ainsi une fin tragique à sa pénible remontée politique. Curieux ce bonhomme ! Toujours désigné pour aller au casse-pipe à la place des autres. Soit il est masochiste et en ce cas on peut l'excuser, soit il croit vraiment à sa mission et on ne saurait lui conseiller de mieux choisir ses patrons.

Bref, hier Juppé a fait un lamentable petit tour de piste et est reparti marri. Ce faisant, avec cette ultime manœuvre, la droite semble avoir épuisé ses recours classiques, attention maintenant aux tirs déloyaux et aux boules puantes. La campagne ne se jouera plus sur le fond désormais.

Enfin, je tenais à décerner le poil au cul d'or (célèbre prix journalistique attribué aux meilleurs langues) à Pujadas pour avoir en vrai professionnel donné plus de temps de parole à Juppé qu'à l'invité principal de l'émission et d'avoir mystérieusement cédé le dernier mot à l'UMPiste lampiste contrairement à tous les usages. 

Bravo Ducon !

jeudi 26 janvier 2012

Le meilleur d'entre-eux

C'est Jacques Chirac qui a figé cette réplique dans l'histoire de son double mandat burlesque et inutile à la tête du pays. Il avait ainsi donné le baiser de la mort à Alain Juppé juste avant de lui mettre les deux pieds dans le ciment et l'envoyer par le fond. Il l'avait sacrifié pour sa survie, pour le RPR et pour le grand malheur des étudiants québécois qui n'avaient rien demandé à personne. Bref, Juppé en est revenu presque intact et le temps faisant son œuvre cicatrisante, il fut rendu à la droite et à la politique certes un peu estropié par la justice française mais Sarkozy n'est pas homme à s'arrêter à ce genre de considérations comme me le confirmaient hier Bernard Tapie et Eric Woerth au bar PMU de mon village.

Ce sera Alain Juppé qui ira porter la contradiction au candidat socialiste ce soir à la télé. La droite historique reprend peu à peu les commandes du navire abandonné. Déjà hier à Nice pour tenter de redonner du vernis à l'action de son petit mentor et pour montrer à l'électorat  gold de la droite qu'il y a une alternative crédible à Estrosi, il est aujourd'hui prié de faire oublier les grincements des seconds couteaux ignares et des snipers crasseux qui ont saturé l'espace médiatique en allant redonner un semblant de dignité et de sérieux à une sarkozie éreintée.

J'ai hâte de voir l'homme droit dans ses bottes, le premier ministre le plus antisocial de la cinquième, celui qui a fait sortir des millions de français dans la rue, tenter d'expliquer que lui et ses petits copains ont le sens de l'intérêt commun et qu'ils sont les mieux placés pour recueillir la confiance des citoyens. J'ai hâte de voir Juppé l'irréprochable venir donner des leçons à la gauche.

mardi 24 janvier 2012

Vamos a la playa

Avant que les touristes teutons pressés ne viennent épandre leur bedaine violacée sur ses plages et finir tout cassée par la crise immobilière, l'Espagne avait apporté à l'histoire européenne son petit tas de fumier en la personne de Franco (de port) militaire éclairé et visionnaire qui n'hésita pas à tuer en masse ses compatriotes qui ne portaient pas la petite moustache et la croix de bois. 

L'Europe à cette époque a connu la gloire en mettant à la tête de ses principales nations  les pires étrons et raclures de furoncle que l'humanité ait connu.  Une époque des lumières, vivement encouragée par une église déjà préoccupée par les racines chrétiennes de l'Europe et des industriels en quête de productivité par la baisse des salaires et des charges sociales. Des visionnaires !

Mais c'est le passé comme dirait le charmant Viktor Orban.


Aujourd'hui, un juge espagnol emblèmatique est sur le banc des accusés et risque sa carrière pour avoir voulu enquêter sur les disparus de Franco. 

"Entre 2006 et 2008, à l'appel de familles de victimes du franquisme, Baltásar Garzón s'était déclaré "compétent" pour enquêter sur le sort de 151 000 personnes fusillées par les nacionales, puis jetées dans des fosses communes. pour contourner l'amnistie, Garzón avait requalifié les faits en crime contre l'humanité. Mais fin 2009, le "juge étoile" est dessaisi de ce dossier brûlant : les hauts magistrats du Tribunal suprême excédés par l'insolence de Garzón, rejettent son interprétation."

En France, les députés ont été pressés par un président au fond des sondages de voter une loi mémorielle pour condamner la contestation du génocide arménien  par les Turcs.

On n'a  pas entendu la  moindre réaction politique à droite pour condamner l'attitude des pouvoirs publics espagnols. Crimes contre l'humanité et génocide ça commence à partir de combien de morts ? 150,000 ? Plus ?


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