Oubliez la photo encadrée de Papy ou le petit chien transitionnel! En ces temps de fêtes et d'étrennes de fin d'année, offrez à Mamie la dernière invention de ce designer hollandais.
Un joli godemiché contenant une capsule remplie des cendres de son défunt époux.
Elle pourra toujours continuer à s'envoyer en l'air en toute conformité avec les lois divines en vigueur dans les religions du livre, et on dira de lui que même mort, il bande encore !
La France pullule de ces gugusses bidon qui s'autoproclament artiste-auteur-interprète-peintre-etc.... mais rares son ceux qui trouvent leur chemin vers le média national qui leur offrira leur petit quart d'heure de célébrité. Ces types qui n'ont pas froid aux yeux, le plus souvent assez médiocres, sont les seuls à croire en leur talent et par on ne sait quel miracle de la vanité, mettent toute leur énergie à persister pour attirer l'attention sur eux. Des spécialistes en maladies psychiatriques ont dû écrire des paragraphes entiers à ce sujet.
Mais il arrive qu'un de ces génies si justement ignorés parvienne jusqu'à nous comme c'est le cas de Thierry Paul Valette, le type à l'origine des soi-disant 300.000 signatures contre la statut de l'épouse du président. La plupart des médias nationaux en manque d'affaires ont emboîté le pas à cette initiative sans grande précaution et ont pu mouliner du vent pendant quelques jours sans qu'aucun n'aille regarder de près le CV du gugusse en question.
Je résume : beau gosse, lignée aristocratique, vie de château, droit (raté), antiquaire (raté), mannequinat (raté), poète (raté), auteur (auto-publié=raté), acteur série rose (raté), peintre (allez voir!), leader de mouvement politique (société civile-Rolex)... en gros, un type dont personne n' a jamais entendu parler dans les disciplines indiquées précédemment et qui finit par sortir de l'ombre en imaginant un histoire bidon de statut de la femme de président, mélangeant les propos et diffusant des approximations qui ont, ni une ni deux, fait cliquer les militants 2.0. Insoumis et patriotes et bien d'autres esprits faibles se sont pignolés comme un seul homme pour gicler leur petite goutte de fiel contre Macron.
On se sent mieux, non ?
Je ne mets pas de liens, vous irez voir ce que fait le gugusse si ça vous chante, mais je ne vais pas vous laisser partir sans comme ça vous avoir donné un aperçu du talent infini de ce jeune homme qui deviendra sans nulle doute le Baudelaire du XXI siècle, ou pas.
Jephan est un artiste que je ne connais pas personnellement. Je connais son travail d'artiste par hasard, par un séjour à Paris ... à Belleville plus particulièrement où j'ai eu la chance de vivre quelques jours chez l'amie d'une amie qui possède des livres écrits sur lui et quelques uns de ses personnages énigmatiques planqués dans des boîtes en bois.
Je parle de "travail" d'artiste, mais ce qu'il fait n'est pas un travail. C'est tout ce que j'aime dans l'art, cet art qui vous remue, qui vous regarde au fond de l'âme et qui vous questionne.
Pourtant à regarder les étranges créatures, on leur trouve la même expression: un visage de cire démultiplié par dix, vingt, cent... Vincent sans oreille. Des faces rondes comme des pleines lunes tristes, avec des yeux comme des points. Agrandis par une cavité orbitale qui les fait ressembler à des oiseaux de nuit.
Des corps semblables à ces oiseaux morts qu'on retrouve à la fin de l'été, secs et légers, dissimulés dans l'herbe. Des êtres qui avancent dans une longue procession biblique, un péplum silencieux de l'humanité en déshérence.
Des corps sans membres, recouverts d'un large pan d'on ne sait quoi, tassés, collés les uns aux autres, les visages tendus dans la même direction, vers les mêmes peurs. Une tribu primitive planquée au fond d'une grotte sombre et qui attend une éclosion.
L'éclosion d'un œuf qui a été traîné pendant des siècles par leur parents et leurs grands-parents, de grotte en grotte de peur en peur. Un œuf sur lequel il est écrit des choses que nul ne peut lire.
Jephan dit qu'il a créé parce qu'il se perdait dans la forêt d'automne de son enfance.
C'est peut-être aussi pour cela que j'aime bien ce qu'il fait.
Moi vous me connaissez, je trimbale mes goûts et mes certitudes sur ce blog en dévoilant pan après pan mes tatouages intérieurs, alors parfois, je peux paraître obstinément juché sur mes à-priori et mes préjugés, voire mes idées préconçues (ce qui revient strictement au même étant donné que je ne suis pas au synonyme près).
Il reste un domaine où je ne transige pas, là non plus, c'est la musique. J'entends d'ici les amoindris de l'ouïe, les empêchés de l'oreille interne qui vont venir croire que je suis élitiste dans mes choix culturels mais, je suis ainsi : j'aime le jazz.
S'il y a bien un genre de musique qui dédaigne le côté tape-à-l'oeil-strasse-paillette-charts-hit-parade à la mord-moi-la grappe, c'est bien le jazz.
Pour s'en rendre compte, observons d'abord une scène de jazz : un piano, une petite batterie et une contrebasse ... et rien d'autre.
Le piano, noir. Posé là comme une grosse bête luisante et endormie qui offre ses 88 ratiches ivoirines à la vue de l'amateur éclairé qui suppute déjà les notes à venir, les accords prodigieux et les passages compliqués. Au milieu de la scène, la contrebasse, vieille mémé en bois posée sur le flanc qui attend nonchalamment l'étreinte du musicien et que ses doigts viennent lui caresser les cordes avec langueur ou vigueur parfois. Enfin, la batterie qui fait face au piano comme un pendant désordonné. Qui par sa nature vésiculaire contraste avec le côté harmonieux des courbes presque féminines des deux autres compères. Voilà que je commence à causer poétique maintenant !
Puis arrivent Keith, Jack et Gary ... saluent sobrement et en silence ... s'installent puis rien d'autre que la musique, l'émotion et l'art.
Hier, j'ai assisté à un des plus émouvants et plus beaux concerts de ma vie à jazz à Juan. Un des plus grands trios sur la scène du Jazz mondial. Une chance !
Comme quoi sur la côte d'azur, il peut y avoir autre chose que des péquenots endimanchés, des pouffiasses botoxées, des Prostiputes ukrainiennes mineures, des maquereaux en chaîne en or et des putain de yachts qui te bouchent la vue !
Passez un bon été, où que vous soyez ! Allez, rien que pour vous.
Il n'est guère besoin d'aller bien loin pour goûter la saveur délicieuse des choses interdites afin de ressentir cette montée d'adrénaline, prélude à une frayeur convoitée mais tellement jouissive. L'artiste se croit libre lorsqu'il est recueilli par un bienfaiteur, un protecteur des arts qui dispense ses largesses en dénonçant du doigt du juste, les ignorants incultes. Ko Siu Lan enivrée par sa liberté a involontairement ressuscité le crime-de- lèse majesté crime de lèche-majesté. Le directeur des beaux-arts croyant que son geste servirait certainement ses grandes ambitions, se fait vertement rappeler ses devoirs et subit les affres du zélé incompris.
Je doute fort qu’une expo de Gustave Courbet avec, pour œuvre centrale « L’origine du monde » soit exposée à Abou Dhabi un jour ? Pas vous ?
NB, AbuDhabi est venu au secours de son petit frère Dubaî lors de la crise qui l'a touché dernièrement . J'avais mis un petit mot gentil comme d'hab à ce sujet ici.
Déjà à peine haute comme trois pommes, Marji voulait sortir manifester dans les rues de Téhéran contre le Shah avec ses parents. Voilà qui en dit long sur le caractère rebelle de Marjane Satrapi. Sa bd "Persepolis" en 4 tomes est unique. Elle y raconte une partie de sa vie d'iranienne. Choc des cultures, contradictions, révolutions ratées, guerre, problèmes identitaires et refus de l'obscurantisme. Un hymne à la tolérance, une justesse de ton et surtout un humour à toutes épreuves. Intéressant pour comprendre la société iranienne et la mentalité des iraniens. Un manière aussi de regarder ces gens à travers un prisme non-officiel et loin des miasmes de la politique internationale. Persepolis.Marjane Satrapi.Ed l'Association.