mardi 30 avril 2013

Et si ma tante en avait ...

Lorsque les médias français ne trouvent pas d'affaire Cahuzac ou de manif pour tous à se mettre sous la dent, ils remplissent avec du "réseaux sociaux" ou du sondage.

Le dernier qui fait le tour des bandeaux des info continues est celui de BFM (encore eux) qui envisage que si les français votaient dimanche, Sarkozy (encore lui) en sortirait gagnant avec Marine à sa droite sur le podium. Évidemment, Hollande est relégué en troisième position.

Comme si le matraquage quotidien sur l'impopularité de mon président ne leur suffisait pas, les médias fielleux et écumants lancent des questions à tout va, forment des hypothèses et élaborent des sondages. Ils ouvrent en grand la porte du placard à mon concitoyen pour lui montrer qu'il n'y a plus de Nutella dans la cuisine à cause de ce gouvernement d'irresponsables socialistes puis lui demandent dans la foulée pour qui il voterait dans une hypothèse saugrenue et inconcevable. Le sondage comme palliatif au suffrage universel, voilà la solution envisagée par la droite pour mettre en place une nouvelle démocratie. Belle mentalité !

Je rappelle à BFM et consoeurs télévisuelles que le peuple a tranché selon le bon vieux procédé du vote, et que leur cher leader a perdu les éléctions. Les prochaines se tiendront dans quatre longues années, années durant lesquelles, nos juges d'instruction ferrailleront à mort pour rendre ce cher leader inéligible pour un bout de temps.

Comme si cela ne suffisait pas, le dauphin Copé revient faire son scandalisé, seul rôle qu'il est capable de tenir (avec celui de moniteur de piscine, cela va de soi) pour une interview dans un canard réac : "Le gouvernement n'a pas de cap". Moi, tordu comme je suis, j'ai tout de suite lu " Le gouvernement n'a pas de Cap ... d'Antibes"  lieu de villégiature de luxe bien connu où notre ami Ziad possède une jolie petite villa avec piscine. Mais je suis mauvaise langue.

Ce qui me fait penser à l'ami Ziad, c'est qu'il n'arrête pas de balancer en ce moment. D'ailleurs, après les T-shirts qui ont rapporté des millions à Balladur, on est passés à des croutes de valeur qui ont rempli la cagnotte du sieur Guéant. Reste à savoir à quoi a servi tout ce fric.

Pour en revenir à l'interview surréaliste de Copé dans laquelle il se demande si Hollande est vraiment capable de gouverner la France, j'aimerais lui dire de regarder derrière lui et de se poser la question suivante : est-il vraiment capable de se faire élire honnêtement comme chef de l'UMP ? 

A quand un "Big Bang" démocratique à l'UMP ?
 

jeudi 25 avril 2013

Pantalonnade à Marseille.

A Marseille on ne plaisante pas avec les acquis sociaux. La preuve, ce préavis de grève déposé par la CGT de la RTM pour une revendication pas piquée des hannetons : les pantalons proposés par les patrons de la régie sont jugés inconfortables. Les polos, ça va !

Ce débat tombe à pic au moment où on discute les accords nationaux interprofessionnels (ANI) débat qui envenime la situation entre le gouvernement et la vraie gauche. Au moment aussi où ce même gouvernement refuse toute amnistie dite sociale qui éviterait des poursuites judiciaires à des personnes  qui manifesteraient leur désaccord avec leur patron de façon un peu violente.

Cette double levée de boucliers de la gauche de la gauche est symptomatique d'un pays où les relations entre les syndicats sont des plus tendues. Une culture du syndicalisme clientéliste et dominant qui se soucie plus de la pression qu'il peut exercer sur des gouvernements que sur sa capacité à faire adhérer des travailleurs. Le taux de syndicalisation (8 %) en France en est la preuve.

Il est vrai qu'une longue et pénible séquence de droite au pouvoir avait figé toute velléité de discussion entre partenaires sociaux. Le dernier président avait même fait son cheval de bataille d'éradiquer le dialogue social et tout mouvement de la société civile. Mais le changement c'est maintenant est arrivé et les syndicats se sont retrouvés face aux patrons pour négocier des nouvelles règles. Ces règles sont le fruit d'intenses discussions que la gauche de la gauche s'empresse de dénoncer ou d'obstruer en déposant des milliers d'amendements.

Pourtant il faudra bien réapprendre à discuter et négocier. Il faudrait arrêter d'être dans l'opposition confortable et l'indignation facile.

C'est bien là le cœur du problème de la pantalonnade marseillaise quoique avec les méridionaux, nous soyons habitués à l’exagération. Il n'en demeure pas moins qu'en France, les syndicats sont tellement faibles qu'ils sont en permanence dans la recherche du coup d'éclat pour montrer qu'ils ont du poids. On cogne d'abord pour arriver plus forts autour de la table. Méthode déjà exploitée jusqu'à l'os par le précédent président, hélas avec le résultat qu'on connaît.

Moi je n'ai rien contre la colère quand elle est saine. C'est pour cela qu'amnistier des honnêtes gens qui sur un coup de tête auraient pu casser un peu de mobilier bas de gamme dans un bureau qui sent les pieds,  serait naturel. Pas besoin de loi pour cela. Mais amnistier de façon institutionnelle et systématique,  fermer les yeux sur la violence sous prétexte qu'elle est syndicale, je dis non. Je suis profondément contre toute forme de violence car aucune n'est justifiée à mes yeux ( à part celle qui consiste à répondre au connard de merde qui m'insulte sans raison ) Plus tard, n'importe quel groupuscule réuni en syndicat bidon se sentirait autorisé à manifester sa colère sur n'importe qui et n'importe quoi. C'est la porte ouverte.

Les marseillais et leur sens de l'exagération ont essayé de nous faire croire qu'un sardine avait bloqué le port tellement elle était grosse, il nous font le même coup avec leur service trois pièces. Quelle bande de fanfarons !


mardi 23 avril 2013

Après la COCOE, la CRS.

Ce n'est pas parce qu'ils ont laissé l'opposition dans les mains d'une ancienne gloriole ratée du show bizz et d'une dépressive du crucifix ces trois derniers mois, qu'il faudrait croire qu'à l'UMP on manque d'idées et d'imagination.

Car pendant que les Charles Hubert font de la résistance spirituelle et écoutent leur paix intérieure assis sur MA pelouse républicaine des invalides, le grand parti de droite continue à tenter de survivre. Ses ténors se sont encore une fois rencontrés pour dire qu'ils ne sont pas d'accord pour mettre en place des primaires.

Faut dire que chez ces gens-là, la démocratie s'exerce à tirs de boulets et projection d'huile bouillante sur l'ennemi par delà les remparts. La forteresse est bien gardée et avec elle le coffre-fort. Car c'est bien pour cela que les armées mexicaines se déboyautent depuis des mois. 

Anna Cabana, major de promo de l'Ecole de journalisme Bataille et Fontaine couinait encore ce matin sur BFM que le parti peinait encore à trouver les moyens de se remettre en ordre de bataille. Pour cela, d'autres réunions auront lieu pour décider oui ou non la tenue d'un nouveau vote pour désigner le chef.

En tout cas je me réjouis personnellement que la future loi Hollande sur la transparence en politique a l'air de faire l'unanimité au moins chez les deux prétendants à la tête de l'UMP. Fillon avait dégainé son patrimoine il y a quelques semaines, et on apprend que Copé vient de faire l'annonce fracassante qu'il cessait toute activité en tant qu'avocat d'affaires pour se consacrer à plein temps à la France.

On avance.

lundi 22 avril 2013

Mariage pour tous à droite.

Le mariage pour tous bien que honni par la droite, n'en a pas moins permis des rapprochements et des alliances incongrues.

La loi en devenir a permis l’émergence d'une nouvelle coalition qui ne dit pas encore son nom mais qui dessine le futur d'une droite française recomposée, réconciliée avec son extrême. 

Car il ne faudrait pas que les naïfs de la droite dite républicaine se trompent : une partie de l'UMP joue double-jeu en affirmant devant les micros que jamais au grand jamais on la prendrait les doigts dans la confiture pendant qu'elle laisse défiler gentiment ses grelots les plus excités avec les groupuscules longtemps en dormance. Copé et ses lieutenants sont entrés dans un jeu pour lequel ils n'ont pas les épaules assez larges. Ils comptent ratisser le plus large possible pour couper l'herbe sous les pieds des fillonistes absents.

L'annonce de la création d'une liste manif pour tous pour les prochaines municipales rappelle le comique et fugace passage du tea-party dans la politique américaine. Une égérie (deux pour le prix d'une, Frigide et Boutin), du story-telling (enfants assassinés et ballerine exhibée) et des pourparlers en coulisses avec une droite institutionnelle ayant pignon sur rue. Le tout dans un vacarme de morale religieuse et de défense civilisationnelle.

Cette liste va prendre dans les rangs UMP et Démocrates chrétiens et fera comme tous les autres satellites, elle ira demander des sous à la maison mère moyennant alliances de toute nature, contre quoi, elle fera le nombre le jour où les fillonistes viendront réclamer une nouvelle fois un suffrage honnête pour désigner un chef dans ce parti.

Les méandres de la politique à droite sont décidément bien obscurs.

La seule chose qu'on retiendra de tout ça est :

1- La manif pour tous a fait les beaux jours de BFM TV
2- Boutin se retrouvera, comme pour le PACS, la risée nationale dans les futures archives de l'INA.
3- Elle ne sera pas seule : Guaino la rejoindra dans ce panthéon du grotesque historique. Pour une fois la parité à droite sera respectée.
4- Les soirées chnouffe et champagne du  festival de Cannes auront eu raison d'un mouvement  populaire.

A quoi ça tient !
 




vendredi 19 avril 2013

Les deux pieds dans le ciment

C'est par le fond que l'UMP est entrain de couler. Faut dire que la métaphore maritime les suit comme une  vérole suit le clergé.

C'est leur chef qui avait commencé en proposant une affiche électorale avec la mer. Sûrement un souvenir de ses vacances sur le yacht d'on ne sait quel marchand d'armes, mais passons. Ne tirons pas sur l'ambulance et n'accablons point un homme déjà à terre grâce aux coups de boutoir d'une justice vindicative et partisane.

Depuis la dégelée de Sarkozy, le parti n'en finit pas de prendre l'eau, malgré toutes les affaires Cahuzac.

Oui, l'UMP en est à ses derniers soubresauts. La fin est proche. D'ailleurs on commence à le sentir même à l'assemblée nationale. La nuit dernière, des députés UMP excités par le manque de sommeil et par l'irrésistible sex-appeal de la mal-nommée Frigide, se sont mis à donner du poing devant la France et le monde. La panique les a étreint et ce fût la ruade, la cavalcade effrénée vers le ravin. 

La bête est aux abois et donne du sabot pour tenter d’échapper à son destin fatal.

Et comme je les comprends. 

Comment peut-on être de droite et rester de marbre devant ces citoyens et ce pays qui exige et qui finalement, grâce à la gauche, commence à obtenir des politiciens qu'on avance sur des sujets aussi délicats que : les droits pour tous, la transparence pour les ministres de la république, le non cumul des mandats et le non-cumul des fonctions avec celui de député et d'autres à venir ! C'en est trop !

Les députés de droite tolèrent la démocratie jusqu'à un certain point : tant qu'ils ont la majorité. Ils ont oublié tous les usages et les convenances qu'une opposition digne de ce nom doit respecter.

Et comme je les comprends.

Rester des décennies entières en position dominante, ça vous forge un caractère. Vivre dans le confort d'une majorité gérée de manière autoritaire donne droit à des compensations notables. Figer la vie politique en s'asseyant lourdement sur ses prérogatives et faire en sorte à ce que rien ne bouge. Laisser son pays à la remorque de l'Europe sur de nombreuses questions et accuser cette dernière de tous les maux, c'est tout un art.

La droite traduit ses opinions par la violence lorsque le suffrage ne lui est pas favorable. Maintenant, on se demande bien comment elle va se dépêtrer de ce merdier et se désolidariser d'un mouvement qui la dépasse déjà très largement.

Pourvu que ça dure !

mardi 16 avril 2013

Nous v'la bien emmerdés !

C'est ce que doivent se dire les pontes de l'UMP qui ont encore des ambitions ministérielles maintenant que la déclaration de patrimoine des ministres devra être en ligne.

Hé oui, car dans une perspective démocratique, il faut toujours envisager l'alternance puisqu'elle est au cœur du bon fonctionnement la république quoiqu'en dise monsieur Guaino.  

Et si la droite envisage un jour le retour au manettes (le plus loin possible), il lui faudra obliger ses ministres à faire de même sinon les français ne comprendraient pas. 

Du coup le questionnement des citoyens serait plus légitime car il concernera une pratique de transparence déjà entrée dans les mentalités depuis longtemps. Il sera plus difficile à ce moment là de les convaincre du bien fondé de leur refus de publier. J'imagine que c'est dans cette éventualité que les têtes de l'UMP dénoncent le procédé, allant jusqu'à mentir, comme l'a fait avec aplomb monsieur Copé,  que nous serions les rares en Europe à le faire lors que c'est tout le contraire.

Le patrimoine des ministres est publié et rendu public, et alors ? La fin du monde annoncée à grands tambours n'a pas eu lieu. Le peuple n'est pas sorti dans la rue avec un couteau entre les dents pour réclamer du sang aux bourgeois. Tout cela est bien fini et la droite reste bien seule à sortir cet épouvantail qui n'intéresse plus personne, pas même l'extrême gauche, c'est dire !

Les seuls qui sortent dans les rues en ce moment et qui offrent le spectacle affligeant habituel, sont de la droite. Ils manifestent contre des droits accordés à d'autres et se font manipuler par des groupuscules qui veulent en découdre avec les forces de l'ordre et des pseudo-intellos qui veulent de la matière pour écrire leur petit livre intitulé " Le combat de ma vie " qui sortira en septembre prochain et qui finira, comme les autres, au fond d'un carton dans un vide grenier. 

Triste perspective !

vendredi 12 avril 2013

La vertu a deux papas à l'UMP

Quelle mouche a donc piqué les deux pied-nickelés de l'UMP, présidents des commissions des finances au sénat et à l'assemblée ?

Ventre à terre et à gros renforts de caméras et de micros, les deux compères sont allés d'un pas vertueux mais décidé à Bercy enquêter et demander des comptes au ministre des finances, le tout sur la foi d'un article paru dans un obscur journal même pas habitué à sortir des scoops.

Les Plic et Ploc de droite ont joué les Sherlocks de pacotille et s'en sont retourné bredouille, mais qu'importe : ils ont réussi à rajouter du vacarme au bruit de fond grotesque et odieux de leurs collègues des deux assemblées. Il ont fait un beau tintamarre et obligé ,une fois encore, un membre du gouvernement à venir se justifier.

D'ailleurs, il est désopilant ce Plic à jouer les grands père la rigueur morale, droite dans ses bottes lorsque l'on sait qu'en 2009 il avait tenté d'introduire une proposition de loi visant autoriser les particuliers à déduire de leur revenu imposable les pertes boursières issues de la crise financière.

Utiliser la représentation nationale et les institutions pour faire le buzz, voila le nouveau joujou de la droite pour montrer qu'elle existe. L'évanouissement de Christine boutin n'avait pas suffi pour ça !

J'ai beau chercher, je n'ai trouvé nulle trace d'une expédition identique dans l'histoire récente, pourtant chargée en révélations foutraques et puantes sur les affaires de l'ancien exécutif. 

Est-ce la preuve que malgré tout, qu'une gauche au pouvoir laisse fonctionner les institutions républicaines normalement. Si oui, et c'est ce que je pense : merci Plic et Ploc pour cette démonstration.
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