Quand on s'arrête un moment et on réfléchit on se rend compte qu'il s'est passé tellement de choses dans notre pays depuis trois petites années qu'on en arrive à se demander si un avant a existé. On se poserait presque la question de savoir si ce qu'on a entendu, vu et subi ces dernières années était normal et qu'il ne pourrait en être autrement à l'avenir.Autrement dit : aurions-nous trouvé normal il y a dix ans par exemple que la presse nous rapporte froidement et avec calme et détachement que le président de la république en personne nomme le patron France-Télévisions, et lui remet dans la foulée une sorte de cahier des charges régalien. Une liste de personnes indésirables sur les chaînes publiques et une autre qu'il recommande chaudement ?
Philippe Val nous avait donné un fidèle avant-goût des ambitions et des attentes du pouvoir en place en ce qui concerne les médias publics en vidant d'Inter les deux humoristes qui ont fait ses belles matinées . Tous ceux qui travaillent pour l'état, sont dorénavant avertis qu'étant salariés de la Sarkozy Incorporated , il ne sera toléré aucune atteinte à l' image de la boîte et du patron sous peine de licenciement pour faute grave. Vivement le portrait du chef dans les salles de classe et les bureaux de postes !
Le nouveau patron des télés d'état est attendu au coin de la rue. Ses moindres décisions seront scrutées à la loupe et pesées minutieusement. Il recevra des coups de bâton de la part du chef s'il sort de la ligne et de ses employés s'il apparaît trop servile à celui-ci. Tout ce que j'espère pour lui c'est un très bon salaire car c'est vraiment un boulot de merde . Dans tous les cas, un jour forcement il sera remercié et nous l'écouterons toujours avec grand plaisir balancer ses anciens patrons.




