samedi 27 mars 2010

J'ai mal à l' Afrique

Les grandes démocraties occidentales s'accommodent facilement des présidences à vie dans les pays de l'ancien tiers-monde. Plus particulièrement dans les pays africains. Ces dictatures sont qualifiées de gage de stabilité et d'ordre, qualité primordiale pour une coopération fructueuse. Il nous paraît normal alors, que les présidents africains soient réélus indéfiniment, jusqu'à ce que mort s'en suive. Si, en plus et par malheur, ces pays sont en possession d'une quelconque ressource naturelle : pétrole, uranium, or , il arrive que les partenaires intéressés sponsorisent fortement les héritiers directs, créant de la sorte une monarchie favorable à un business durable.

Ce pragmatisme économique permet à ces grandes âmes pétries de grands principes démocratiques uniquement valables dans l'espace Schengen, de fouler aux pieds joyeusement les droits de ces hommes et de ces femmes. Les limites du pouvoir d'indignation ont reculé fortement depuis que le libéralisme mondial a réussi a corrompre l'écologie , dévoyé le micro-crédit et rendu le tourisme grande cause nationale chez les pauvres. Ces nouveaux concepts de charité rentable ont peu à peu supplanté l'aide au développement et à l'éducation en faveur des pays pauvres. Je ne veux même pas parler des néo-missionnaires qui ajoutent leur propre petite louche d'eau bénite.

Les opinions publiques occidentales sont de moins en moins promptes à dénoncer les exactions commises par les dictateurs locaux et ce au nom des intérêts économiques en Afrique et dans les pays Arabes, submergées qu'elles sont par un discours politique interne xénophobe et anxiogène. On ne parle plus désormais à des populations émancipées et libres, on s'adresse à un citoyen européen terrorisé. La peur devient un argument électoral principal.

La notion de démocratie est à géométrie variable. On peut dorénavant tolérer (dire du bien et traiter avec) des présidents à vie africains parce qu'on a décidé que le cadre général dans lequel s'effectue leur évolution intellectuelle suit la même progression que l'évolution de leurs économies et leur niveau de vie, que leurs populations ne sont pas "assez mûres" pour intégrer les principes d'alternance politique. La coopération continue à se faire dans un but strictement lucratif et ceux qui ne l'ont pas encore bien compris, on leur enverra des chars et des troupes pour bien leur expliquer.

L'Afrique à papa a encore de beaux jours devant elle.



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