jeudi 12 juillet 2012

Ciel, mon industrie !

Comme le disait si pertinemment  Leonid Brejnev ce matin à la radio, la classe ouvrière française se prend un sacré coup de bambou derrière la tête en ces jours post-électoraux.

Les plans sociaux (d'ailleurs je me suis toujours demandé ce qu'il y avait de social dans un licenciement massif ?) arrivent en cortège, semblables à des chapelets d'emmerdements qui s'abattent sur la classe ouvrière française et accessoirement sur le nouveau gouvernement socialiste.

Pour l'occasion on va s'en prendre pour quelques semaines de piquets de grève, de tous ensemble ouais, de barricades, de feu de pneumatiques, de reportages au cœur de l'action avec drapeaux rouges, sacs de couchages et merguez/Valstar. Avec un peu de chance, les caméras de TF1 seront là au moment même où un syndicaliste remonté à bloc se fera un séance de karaté sur le mobilier fatigué du bureau du DRH de l'usine ... images qui feront d'ailleurs le tour des tribunaux en tant que preuve formelle, lorsque ledit syndicaliste excédé aura été poursuivi pour bolchévisme ostentatoire et dégradation de matériel, mais n'allons pas trop vite dans le procès d'intention.

Hé oui, un fleuron de l'industrie automobile française met la clé (à molette) sous la porte. Bien sûr, notre nouveau et fringant jeune ministre de la reprise économique va dire tout le mal qu'il pense de cet acte abject, il mettra dans sa bouche les mots des syndicalistes les plus zélés pour dénoncer la course au profit et aux dividendes mais pourra t-il y changer quoique-ce-soit ? 

Nous savons bien que non. La marque automobile appartient à ses actionnaires, elle obéit aux lois du marché international qui voudrait que les profits soient l'unique dessein de toute entreprise. Et pour augmenter ses profits, la marque recherchera tous les moyens possibles pour rentabiliser son produit. L'homme n'est pas une donnée essentielle dans le cheminement intellectuel d'un actionnaire. Je suis quasiment certain que si les employés de l'usine en question avaient des billes dans l'affaire, ils auraient approuvé leur propre licenciement si cela devait gonfler l'action en bourse et leur rapporter du flouze ... c'est la nature humaine, hélas ! 

La seule chose qui pourrait paraître anormale, c'est que toute entreprise privée qu'elle est, elle n'avait pas hésité à accepter les subsides de l'état lorsqu'elle éprouvait des difficultés il y a quelques années. Voilà comment on devient complice d'un plan social : on élit des dirigeants qui se disent libéraux et qui prônent le moins d'interventionnisme possible, mais qui n'hésitant pas à tirer des chèques du trésor public pour le privé lorsqu'il est en difficulté. Et tout cela au nom de la sauvegarde de l'emploi et de la classe ouvrière.

Aaaaah la classe ouvrière ! Encore un mot dévoyé et frelaté par les besoins idéologiques ... un peu comme la droite qui parle de classe moyenne qui gagne 10,000 euros par mois, la gauche nous serine avec une classe ouvrière qui en gagne 2500. Et les smicards alors c'est quoi ? Des sous-prolos ? Et les autres ... tous les autres qui travaillent à temps partiel et qui se suffisent des 800 euros mensuels + l'aide sociale c'est quoi ? 

Est-ce qu'il y aurait quelqu'un dans l'assistance pour dire aux gens que l'industrie en France c'est fini ! Que le temps des grandes messes prolétariennes est révolu avec Germinal et tout le bouzin ! Que pour sauver son économie il faudra miser sur la recherche, l'informatique et les techniques de pointe qui nécessitent de l'investissement  massif dans la recherche, l'éducation et la formation. Qu'il faut impérativement cesser de déverser des milliards en vain dans des secteurs qui ont déjà échappé à notre économie et pour sauver quelques milliers d'emplois de toutes les façons en sursis pour 6 mois ...voire un an ?

Le changement c'est aussi ça. Cesser de s'immiscer dans cette économie qu'on voulait libre et garder tout le pognon pour le mettre dans ce qui marche réellement. Il faut  que le politique cesse de remplir les poches des actionnaires et les comptes en banque des héritiers avec l'argent des futurs chômeurs.



11 commentaires:

  1. Bien beau ce blog !!!
    Il y manque le logo "Radio des Blogueurs"
    :)))

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  2. T'as raison, je me demande comment faire pour avoir un beau logo ? Hmmmm ...et si j'allais voir du côté de l'ami Lololobo ! Hahaha !

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    1. Attention ... tu peux aussi faire comme chez moi : une fenetre pop up !
      Là tu ouvres un nouvel onglet !

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    2. T'as raison j'essaye la popuppe :)

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    3. belle popup les garçons :)

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  3. « Je suis quasiment certain que si les employés de l'usine en question avaient des billes dans l'affaire, ils auraient approuvé leur propre licenciement si cela devait gonfler l'action en bourse et leur rapporter du flouze »

    Farpaitement ! C'est même la raison pour laquelle, il y a seize ou dix-sept ans, j'ai refusé d'acheter (à des prix fort “attractifs”) des actions du groupe de presse qui m'emploie – et qui venait d'y être introduit, en bourse –, à la grande incompréhension de plusieurs de mes chers collègues, pourtant de gauche, qui se sont empressés, eux, d'en acheter.

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    1. Le prolétaire est l'ennemi du travailleur et inversement.

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    2. Ah, au moins, voilà une formule qui ne veut rien dire !

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