lundi 23 juillet 2012

Première ligne

Je suis profondément méditerranéen. Au point que dès j'arrive sur une ville côtière, je pense naïvement qu'au bout de la descente il y aura forcément la mer...

Et c'est généralement ce qui arrive.

Quand en 1998 je suis entré pour la première fois à Antibes, c'est cette sensation que j'ai éprouvée. Bien que ce fût un jour de printemps, je descendais les avenues ravi à l'idée de retrouver ma mare au sardines qui m'avait tant manqué lorsque je vivais à Paname. Une chaleur réconfortante et des maisons aux couleurs chaudes envahies par des lauriers roses, rouges et blancs à l'odeur entêtante qui me rappelaient mon île natale.

Les villes côtières en méditerranée ont une particularité olfactive bien à elles. Je parle de vraies villes avec un port  pas ces espèces d'enclos à touristes superposés assiégés par d'infâmes marchands de bouées et de vendeurs de pizza dont l'emballage paraîtrait presque plus appétissant que le contenu.

Ces odeurs sont toujours fortes et contrastées : lauriers, égouts, iode, poissecaille, jasmin et épines de pin sèches. Camus en parle précisément lorsqu'il fait la description d'Oran, lieu où se déroule " La peste".

Après quelques années de vie sur la côte, on en mesure assez vite les inconvénients qui deviennent majeurs rapidement et qui convoquent en vous l'impératif d'aller voir ailleurs. C'est la vie.

Je suis revenu à Antibes passer quelques jours de repos chez des copains partis en Bretagne (quelle idée) et j'y ai retrouvé toutes ces impressions, cette mer, ces odeurs. J'aimerais épargner le touriste con dans ce billet car je devais certainement en être un pour les indigènes.

Il faut savoir que l'immobilier est très onéreux dans ces contrées, la valeur du bien se calcule en fonction de la surface et du standing comme partout ailleurs, mais également en rapport avec la situation vis-à-vis du littoral. La première ligne est normalement la plus chère car elle fait directement face à la mer. Très prisée donc la première ligne car aucun clampin pour vous cacher la vue. Ensuite viennent les secondes lignes et les autres couches qui s'empilent comme un mille feuille pour arriver enfin à la périphérie joyeusement décorée aux couleurs des enseignes merdiques qu'on aperçoit habituellement dans ce genre d'endroits hideux en France.

Le truc nouveau que j'ai remarqué cette fois, c'est l'abondance de yachts géants qui mouillaient au large (pas si loin que ça en fait) des plages. Le phénomène de la crise mondiale et le travailler plus pour gagner plus certainement à l'origine de cette recrudescence, les proprios de ces châteaux flottants n'ont pas trouvé suffisamment d'anneaux d'amarrage sur le quai des milliardaires, se sont laissé flotter au loin sous l’œil admiratif du péquenot rosissant sous les premières ardences.

J'ai pensé que les proprios jaloux de leur première ligne devaient être bien marris de voir ainsi leur horizon poétique, acquis à coup de millions d'euros, se trouver finalement bouché par des rafiots astiqués de première.

Bien fait pour leur cul !


8 commentaires:

  1. c'est lequel le tien, ce lui de droite ou celui de gauche ?
    :-)

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  2. Il y avait un vieux navire, genre petit marchand assez sympathique qui mouillait au large ... c'est plus mon genre.

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  3. Vive la Bretagne, bordel !

    Il y a deux ans, je suis allé en vacances chez le Coucou (ça fera un an dans trois jours qu'il est mort, tiens !) dans le var. J'ai passé une demi journée à suivre la côte (de Fréjus à Cannes, si ma mémoire est bonne) et, comme toi, j'ai été frappé par le nombre de yachts.

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  4. Ouais, et c'est pas en Bretagne qu'on verra des yachtes !

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  5. Et les yachts de milliardaires, quand ils sont Grecs, tu te dis en plus qu'ils ne paient aucun impôt dans leur pays à genoux ...

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    1. Oui, contrairement à ce qu'avait dit Mme Lagarde.

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  6. Je suis passé une fois à St-Tropez, je ne suis pas près de remettre les pieds dans le coin, trop... trop quoi!

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    1. Moi itou. Une seule fois ...c'était pendant un mois d'Avril, on est restés coincés dans un bouchon sur la nationale. Bilan : deux heures entre la sortie d'autoroute et St trop. Top!

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